Je ne vais pas citer le nom de cet adversaire pour faire preuve de mansuétude. C’est un artisan que j’avais chargé de rénover un locatif en vue de sa location. Il m’imposait une procédure de facturation anormale pour une entreprise de BTP qui lui permettait bien des libertés : je payais d’abord un tiers, alors il faisait le tiers des travaux. Puis il s’arrêtait et je devais payer le 2ème tiers pour qu’il reprenne le travail.  

Le problème, c’est que son ouvrier se permettait d’être parfois absent. Je me retrouvais à avoir payé un travail non encore terminé et en plus à revoir, et je devais attendre un temps indéterminé. Nos relations se sont envenimées et j’ai fini par donner les travaux à un autre qui, lui, ne m’adressait une facture que les travaux correspondants terminés. Il m’a alors poursuivi en justice pour percevoir la dernière facture, qui ne correspondait pas à des travaux puisqu’ils avaient été confiés à un autre.

A cette occasion, j’ai souffert d’un coup de fil donné par un huissier certainement copain de cet artisan, mais je ne l’avais pas encore compris, qui a réussi à me flanquer la trouille. A peine reçue sa signification et avant que je puisse en prendre connaissance, il m’a longuement téléphoné pour recouvrer immédiatement 5.445,27 €, la dernière facture. Il a prétendu que j’avais été condamné par un juge, sans avoir été entendu et avoir pu présenter ma défense, ce qui m’a abasourdi. C’était faux mais avec mes 44 condamnations, tout était possible. Puis il m’a avisé qu’il allait venir saisir mes biens et ma vieille voiture. « Vous allez voir comme c’est insupportable de se retrouver sans voiture » a-t-il ajouté menaçant. A aucun moment il ne m’a avisé qu’en fait je n’avais pas été jugé et qu’en plus la loi m’accordait 30 jours pour faire opposition.

Après son appel j’étais dévasté, m’attendant à tout instant à son arrivée chez moi et à la saisie de ma voiture, indispensable pour mes déplacements et ceux de ma fille qui n’a pas le permis.

La fort honnête Anne Bazier n’a pas voulu citer dans son jugement ma défense que je lui avais transmise en recommandé comme cause du désistement de l’adversaire. Bien entendu, celui-ci était en pleine irrégularité mais d’habitude elle s’en fiche et me condamne au maximum. Voici le texte du jugement :