I – Le fisc, toujours aussi corrompu et sans âme !

Arcane était la filiale commerciale d’Arcane R&D. C’est celle-ci qui détenait la technologie exploitée dans mes logiciels. Après le dépôt de bilan d’Arcane, j’ai gardé Lionel Barbotteau dans Arcane R&D. Nous repartons dans cette petite structure comme en 14, serrant les coudes et les dents, espérant que cette fichue crise économique va enfin se terminer et les affaires reprendre.

Pour me reconstituer du capital, j’ai vendu notre belle maison avec jardin du centre ville de Nantes où ma femme et mes quatre enfants coulions des jours heureux. Avec cet argent nous pouvons espérer vivre un an et demi si je reste au chômage. C’est alors que le fisc me porte un coup terrible ! Mon notaire Guillaume Gaschignard, un ami, m’appelle soudain pour me dire la voix blanche qu’en fait il ne reste presque rien du produit de la vente, de quoi vivre trois mois :

Le fisc a fait secrètement une hypothèque sur notre maison et vient d’empocher l’argent !!!.

Mes quatre enfants ma femme et moi, nous retrouvons sans domicile, avec plus un rond !

Vous comprendrez qu’on ne peut aimer le système ignoble capable d’agir ainsi. Le fisc avait décidé de provisionner l’argent qu’il me réclamait dans l’attente d’un jugement du tribunal administratif (qu’il savait, contrairement à moi, qu’il allait gagner). Comme nous n’étions pas au courant, nous avons vendu. Sinon nous l’aurions gardée.

Plus grave encore : cette maison appartient pour moitié à mon épouse et nous sommes mariés en séparation de biens. Le fisc a donc volé ma femme sur 50 % de la somme prélevée. Mais, mon bon ami Gaschignard, pourtant notaire, ne me le dit pas et je l’apprends trop tard…

II – En plus c’est la crise économique de 1995 : 2ème dépôt de bilan

Malheureusement, en 1995 c’est la crise économique en France et ailleurs. Elle n’en finit pas et les persécutions administratives non plus. Je me retrouve contraint de déposer le bilan d’Arcane. Merci à vous tous, universitaires  et fonctionnaires nantais douillettement installés dans vos bureaux à nos frais. Grâce à vous, j’en suis maintenant à deux dépôts de bilan. Cela ne vous arrivera jamais, vous qui ne courrez jamais aucun risque. Vous avez réussi à faire d’un honnête homme un « failli » !

Toujours sans droit aux allocations chômage grâce aux bienfaits constants de l’État envers les entrepreneurs, je n’ai qu’une solution pour vivre : continuer mon activité en IA pour tenter de survivre avec ma famille. J’opte cette fois pour une structure légère : une entreprise en nom personnel, baptisée elle aussi Arcane, et je conserve mon collaborateur informaticien Lionel. Je ne comprends pas aujourd’hui comment j’ai pu survivre sans argent, comment ruiné, j’ai pu nourrir une famille et payer ce salarié (en fait j’ai été aidé par ma femme, un actionnaire et les commandes de mes clients). J’ai du encore trouver une pirouette quelconque…

A Nantes, auprès de mes amis et de mes salariés, j’avais la réputation d’être l’homme qui rebondit…