I – Atlanticiels, un concours nantais pour récompenser les créateurs de logiciels innovants de Nantes… sauf moi !

Mon entreprise, ARCANE, est donc située à Nantes. En 1987 quarante articles dans la presse nationale en parlent déjà suite au succès de Joséphine. « Une société innovante de Nantes… ». Je contribue avec joie à la notoriété de ma ville et m’attends à des remerciements… qui n’arriveront jamais !

L’explication de mes échecs auprès d’Atlanticiels dont je parle dans l’article précédent mais aussi auprès des autres organismes nantais de soutien à la recherche et à l’innovation (DRIRE, Atlanpole) me vient de Michel Queguiner, que je côtoie régulièrement car nous faisons tous les deux partie du Club des Créateurs d’Entreprises de Nantes, lui en tant que délégué de la Chambre de Commerce qui héberge le Club, et moi en tant que membre du Club. Il a une forte personnalité, il est sympa, gai et disponible. Je l’aime bien, on fait du bon boulot ensemble au Club. Jusqu’au jour où il m’interpelle pendant une réunion du club. Il me dit gaiement : « Alors, comme ça, tu as postulé au concours Atlanticiel ? ». Rappelons que ce concours est organisé chaque année par la ville de Nantes pour récompenser les créations d’entreprises informatiques nantaises qui ont développé ou développent du logiciel innovant. Atlanticiel est taillé pour ma société. Les gagnants reçoivent de l’argent et la pub de leur ville et j’en ai bien besoin. Hélas, j’ai beau candidater année après année, je ne remporte rien, je ne suis pas cité comme candidat et n’y comprends rien. Je ne reçois même pas d’accusé de réception de mes candidatures !

II – « Jean-Philippe, tu es bidon ! »

Alors, quand Queguiner laisse entendre qu’il connaît bien ce concours, ça m’intéresse. « Oui, répondis-je, j’ai postulé à Atlanticiels. Tu es au courant ? – Ben oui, en tant que responsable informatique de la Chambre de Commerce, je fais même partie du jury ! – Génial ! Alors, qu’est-ce que ça donne ? Est-ce que ma société risque enfin d’être élue ? – Ah non, Jean-Philippe ! Elle n’est même pas dans la short list dans laquelle on choisira les vainqueurs. J’y ai veillé ! ». Ce faisant, il m’épie, un rien agressif, pour voir ma réaction. Je tombe des nues : « Tu y as veillé ?! – Ben oui, Jean-Philippe, répond-il. Tu sais bien que tu es bidon ! Tu ne croyais quand même pas que tu allais remporter comme ça un concours sérieux ? ». Là, devant son air goguenard et la découverte que j’ai devant moi, non pas un ami mais un traître, j’entre en rage ! Je lui demande d’où il tire cette certitude que je suis « bidon » sur une technologie dont il ignore tout. Il me répond, à peine gêné de m’avoir blessé, que les vrais « spécialistes » de l’Intelligence Artificielle nantais, des universitaires – dont l’inoxydable Filoupé – ne cessent de le seriner dans tous les jurys où passe la candidature de ma société…

Il m’apprend que lorsque ma candidature arrive à Atlanticiels, elle est aussitôt jetée à la poubelle par les universitaires avant qu’aucun autre membre du jury ne puisse la voir !

C’est ce jour-là que je découvre le complot nantais contre ma société nantaise dont je vous ai parlé précédemment. En dépit de tous mes arguments, je vois bien que Queguiner ne veut pas être convaincu. Ça lui fait visiblement plaisir de me voir contrarié. Vraiment bizarre. Ce jour-là bien entendu, Michel Queguiner cesse d’être un ami…

Même si elle était impardonnable, son attitude hélas s’explique mais il me faudra du temps pour le comprendre : il est informaticien et fonctionnaire de la chambre de commerce. Il est donc le copain des « chercheurs » universitaires nantais, des fonctionnaires eux-mêmes informaticiens… Deux raisons de me détester qui ne me surprennent plus aujourd’hui mais que je n’imaginais pas du tout à l’époque.

III – L’exaspération de l’informaticien face à une technique qui le rend inutile…

C’est une étude de marché sur Maïeutica faite plus tard (1999) qui m’a fait découvrir le pot aux roses.  Au cours de cette étude, Christian Michon, Prof de Marketing à Sup de Co Paris, présente Maïeutica à un panel de consommateurs potentiels, qui me dévoile le problème : « on ressent un blocage psychologique de la part des informaticiens qui ont testé votre invention. En fait, cet outil les exaspère. Alors que, du côté des non-informaticiens, il y a de la curiosité et aucun a priori ». Les discussions de Queguiner avec Philoupé et autres informaticiens universitaires lui ont sûrement fait réaliser que la technologie d’Arcane démontre que l’on peut se passer d’informaticien pour développer les logiciels les plus prestigieux : l’Intelligence Artificielle. Du coup, furieux, il est devenu l’allié de mes adversaires universitaires. Il n’est peut-être même pas conscient de cette motivation car, quand je le scrute pour tenter de comprendre son changement d’attitude envers moi, je ne vois pas un faux-jeton conscient de sa bassesse. Non, il ne m’aime plus, c’est tout.

En résumé, deux ans après la création de ma société, dans la liste de mes adversaires occultes, non seulement j’ai les universitaires, mais aussi la chambre de commerce. Et ce n’est pas fini…