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Le 29 juin 2008, en réponse à un appel à publications d’une revue française spécialisée en Intelligence Artificielle, je propose de rédiger un article sur la technologie que j’ai mise au point, la Maïeutique et sur son impact sur les usages d’Internet. Dans l’attente de la réponse, je découvre que cette revue dépend de l’Afia, la fameuse association contrôlée par les universitaires, celle qui m’a tant voulu de mal en 1991 à propos de mon article de Science et Vie, qui ne sait plus ce qu’est l’Intelligence Artificielle en 2005, qui me refuse toujours le statut de chercheur dans ce domaine.

Je téléphone à un de ses responsables, Laurent Vercouter, pour lui dire que j’hésite finalement à rédiger une proposition d’article pour une revue dépendant d’universitaires, qui jusqu’à présent m’ont toujours interdit de publication en tant que chercheur privé. Très aimablement, il m’assure que mon article sera étudié objectivement et que je ne dois pas me faire de souci. Je fais donc le pari qu’il y a peut-être quelque chose de changé dans le royaume de la science officielle, je ponds l’article et le lui transmets. Le 23 juillet 2008, voilà son avis par email :

Bonjour,

J’ai enfin pu trouvé le temps de lire votre article.
C’est un témoignage très intéressant d’une partie de votre parcours et de vos expériences.

Du point de vue scientifique, je partage votre point de vue sur l’importance du raisonnement automatique par déduction et des moteurs de chainage en ordre 0+. Même si ce terme n’est que peu utilisé actuellement, de très nombreux travaux de recherche, notamment en IA distribuée continue d’utiliser ce vieux mécanisme pour décider ou planifier.

Je suis moins convaincu par ce que vous dites sur l’extraction de règles. Je dois faire partie de ceux qui pensent que le recueil de règles auprès des experts est une tache très difficile et parfois même impossible. Mis à part quelques cas simples exceptionnels, les ambigüités et l’implicite sont omniprésents dans le fonctionnement d’un expert humain. C’est encore plus vrai si l’on considère des systèmes distribués et à large échelle (comme le web). D’importantes contraintes en terme d’hétérogénéité et d’interopérabilité se posent. Le coeur du problème est la sémantique attachée aux concepts manipulés d’où de nombreuses recherches actuelles sur ce qu’on appelle le Web Sémantique. Et pour le moment c’est un problème ouvert sans solution vraiment satisfaisante…

En ce qui concerne, votre soumission au numéro spécial de la revue d’IA, l’évaluation est en cours et les résultats devront être connus vers Septembre. Il est vrai que le style et la forme de votre article sont inhabituels pour cette revue mais ne vous inquiétez pas, c’est avant tout le contenu scientifique qui est jugé.

Cordialement,

Laurent Vercouter

J’ai cité intégralement l’email pour montrer que Vercouter, quoiqu’universitaire et co-responsable de la publication d’une revue dédiée à l’Intelligence Artificielle, me considère comme un scientifique et non comme un rigolo. Il respecte mon « point de vue » comme il dit (bien qu’il s’agisse en fait de mon expérience, laquelle ne peut se discuter). Il m’assure que « c’est avant tout le contenu scientifique qui est jugé ». J’attends donc le résultat des courses. Hélas, le 30 septembre, je reçois cet email d’un inconnu :

Bonjour,

Nous sommes au regret de vous annoncer un refus pour votre proposition de communication dans la Revue d’Intelligence Artificielle, pour son numero special Web Intelligence.

Vous trouverez ci-jointes les remarques emises sur la 1ere version de votre soumission. En esperant que ces remarques pourront vous etre d’utilite pour la suite de vos recherches,

Cordialement

Yves Demazeau (egalement pour Laurent Vercouter)

Vous noterez les fautes de ce Demazeau : le français d’un homme censé être issu des hautes sphères de l’Education Nationale et dirigeant une revue censée être d’importance nationale… Voilà donc le refus tant redouté. Il m’est adressé par cet inconnu « pour » Laurent Vercouter…  Très certainement, Vercouter n’a pas eu le courage d’endosser lui-même pareille décision. A partir de maintenant je ne pourrai d’ailleurs plus le joindre, il est aux abonnés absents. En pièce jointe de cet email de refus il y a les « notes » données par les examinateurs …pardon, par le jury de la revue. Comme ce jury est au nombre de deux (universitaires) il y a deux  appréciations, anonymes comme toujours chez les fonctionnaires. Et toutes deux sont négatives. La plus « franche » et la plus révélatrice de la jalousie universitaire, émane d’un dénommé Demazeau, totalement inconnu au bataillon de la recherche en Intelligence Artificielle qui a coché les cases suivantes :

« article définitivement peu utile, inacceptable, sans apport nouveau, insuffisant, à rejeter. »

Commentaire à rapprocher de celui du prix américain Awards Ai que j’ai reçu en 2017 : « Tree Logic presents a computer technology, “La Maieutique”, which will drive world data processing into a new aera : the aera of computer becoming “human”, communicative, intelligent and knowledge-hungry. Plus these key abilities we have been waiting from him since its inception : helpful, never forgetting a new knowledge, and user friendly. »

Évidemment, je prends très mal ce jugement brutal sur ma technologie, tout de même achetée par les plus grands groupes français et sans cesse perfectionnée depuis 20 ans. Mais je m’abstiens de réagir, la colère étant mauvaise conseillère. Le 16 octobre, après m’être calmé et avoir réfléchi, j’adresse un email à Vercouter et Demazeau pour leur proposer de publier malgré tout cet article, mais hors concours comme  Vercouter me l’a proposé il y a quelques temps. Voilà un extrait étonnant de la réponse de Demazeau (Vercouter ne répondant plus) :

« (…) Le reste de vos propos est déplacé par rapport à notre rôle d’éditeurs du numéro spécial. De chercheur à chercheur, et sans craindre un ennemi de plus, ils restent susceptibles pour moi de faire l’objet d’une discussion ou d’une correspondance privée si les sujets que vous évoquez l’étaient sans amertume ni aggressivité, et si je me sentais au niveau de pouvoir vous répondre de manière constructive pour faire avancer la recherche et la façon dont je l’exerce. Mais ce n’est pas le cas. »

Cette prose bourrée de fautes continue à dévoiler une inculture indigne d’un cadre supérieur de l’Éducation Nationale. Mais, à mieux l’analyser, elle montre aussi un respect surprenant envers moi : « De chercheur à chercheur », ce qu’un individu furieux se garderait bien d’exprimer. Qui va même jusqu’à l’admiration  : « …si je me sentais au niveau de pouvoir vous répondre de manière constructive pour faire avancer la recherche et la façon dont je l’exerce. Mais ce n’est pas le cas. » !

En 2010, il sera pourtant élu « fellow » du European Coordinating Committee for Artificial Intelligence ! Puis il sera élu président de l’AFIA. On se demande comment quelqu’un qui reconnaît ne pas être très fort en IA peut se faire élire ainsi dans les plus « hautes instances » de l’IA… Finalement, en dépit de ce qui nous oppose, il me parle sincèrement preuve d’un désir de rapprochement. Son refus de me publier ne repose visiblement pas sur l’inintérêt de mon article. La seule explication possible, c’est que je l’exaspère par ce que je représente pour lui : un mec du privé plus fort que lui, un ennemi de classe… Et l’on en revient au désir mimétique : admiration, jalousie et haine…

Vive la science « officielle » française, entre les mains de médiocres pétant de trouille devant la concurrence, mais toujours rassemblée en 2008 contre l’oppression de la recherche privée !

  1. Une innovation grâce à mon intelligence artificielle raisonnante : le serveur vocal intelligent

Je relate cette affaire car elle est symptomatique du manque de fiabilité de l’État qui nous dirige. Grâce à ma technologie basée sur l’Intelligence Artificielle raisonnante, il devient possible de commercialiser des ordinateurs capables de répondre au téléphone, de dialoguer simultanément avec des centaines de correspondants et de résoudre leurs problèmes dans un domaine donné. Ce genre d’ordinateurs s’appelle des « serveurs vocaux conversationnels ». Les serveurs vocaux existent, ce sont pour le moment des serveurs vocaux interactifs (SVI), qui vous répondent au téléphone dans certaines entreprises ou pour obtenir certains services (réservations SNCF). Une voix enregistrée vous demande d’appuyer sur la touche un ou deux pour choisir l’interlocuteur ou le service que vous demandez. Des serveurs vocaux avec reconnaissance vocale commencent à apparaître, dans lesquels on peut répondre « oui », « non » ou sélectionner quelque chose dans une base de données (par ex une ville pour réserver son billet de train), sans taper une touche.

2. Loïc Étienne, médecin urgentiste

Personne au monde n’en a encore produit un SVI capable de mener un diagnostic, en dialoguant plusieurs minutes au téléphone s’il le faut comme le font les experts quotidiennement dans les entreprises avec leurs collègues. A cause de tous mes ennuis, cela fait maintenant 7 ans que je n’ai pu en vendre un seul à un client. La démarche la plus aboutie pour arriver à vendre un serveur vocal conversationnel a été mené avec un de mes partenaires, Loïc Étienne, médecin urgentiste. C’est le genre de médecin qui traite les urgences au Samu par exemple. Sauf que, lui, c’est une grosse pointure : il est le seul médecin à avoir obtenu l’autorisation de l’Ordre des médecins, donc de l’État, de développer des logiciels d’aide au diagnostic médical et d’information sur les médicaments.

Il a commencé avec le Minitel dans les années 1980 : des médecins-opérateurs fournissaient par messages texte les réponses aux questions posées par les correspondants. En 2001, j’ai développé avec sa connaissance médicale un serveur vocal conversationnel de diagnostic des douleurs à la poitrine pour les démonstrations à ses prospects. Lui, son associé et moi-même avons fait des centaines de démonstrations qui n’ont, hélas, n’a jamais permis d’aboutir à une commande : dans le cas d’une « innovation de rupture », il faut tout développer, non une partie… Sinon, il restera toujours une personne non convaincue dans le circuit de décision du client. Terminer cette application aurait demandé un mois de travail en continu et, sans argent, nous n’aurions pu vivre pendant ce temps-là.

3. Xavier Bertrand, haut fonctionnaire du Ministère de la Santé s’engage à convaincre son ministre de l’intérêt de notre solution

En 2005, Loïc est parvenu à monter une gigantesque base de données médicales accessible par Internet, qu’il loue depuis à des organismes d’assurances et d’assistance pour pouvoir répondre à leurs clients. Armé de son site, du serveur vocal conversationnel et de l’engagement de financement de plusieurs partenaires prestigieux, il rencontre en 2005 un haut fonctionnaire du Ministère de la Santé : Xavier Bertrand. En effet, un serveur vocal accessible de toute la population 24h/24, avec un n° facile à retenir : le « 33 33 », ça réclame l’accord de l’État. Celui-ci est enthousiasmé par l’innovation que Loïc lui propose ! Il s’engage à convaincre son ministre M. Philippe Douste-Blazy, c’est comme si c’était fait !

Nous nous réjouissons et attendons. Rien n’arrivant, il le recontacte : « le ministre est d’accord, il va vous le notifier dans une lettre »… On attend la lettre. Je fais intervenir un ami auprès de Philippe Douste-Blazy. Il le rencontre de temps en temps à la sortie de la messe dans sa campagne dans le Massif Central. Philippe Douste-Blazy lui répond qu’il est très loin de ces contingences, il a des choses plus importantes à faire. D’ailleurs, il va quitter son poste. Le reste il s’en fout ! Encore un splendide exemple du sens des responsabilités chez nos ministres. Nous apprenons, en effet, que Chirac a décidé de changer de ministre de la santé. Voilà qui ne va pas accélérer nos affaires. Puis, bonne nouvelle : c’est Xavier Bertrand qui le remplace ! Loïc et moi nous réjouissons. Bertrand tient tellement à ce que ce projet réussisse !

Hélas, une fois devenu Ministre de la Santé, Bertrand devient injoignable et intouchable. Les mois et les années s’écoulent sans nouvelle de lui. Loïc continue à se démener et réussit à faire accepter le n° de téléphone 33 33 par les députés. Il continue à trouver des partenaires prêts à financer le projet mais il faut toujours l’accord de l’État ! Il présente le projet à différents concours de l’Innovation. Mais, bizarrement, jamais nous ne sommes retenus. Nous nous demandons quels projets plus innovants et utiles que le nôtre peuvent remporter ces concours… D’après Loïc, c’est le lobby des médecins du Samu et de SOS médecins qui fait obstruction. Des fonctionnaires… Ils veulent garder leur privilège d’avoir un numéro de téléphone spécial (le 15) et voient d’un mauvais œil ce 33 33 qui pourrait avoir plus de succès que leur 15 !

Finalement, aujourd’hui, toujours rien ! L’affaire est probablement enterrée. Le n° 33 33 fut dans toutes les bouches mais pas dans les faits… Nous sommes vraiment dirigés par des incompétents. Grave et exaspérant.

Je vous raconte cette histoire pour vous montrer que mon travail n’a pas consisté qu’à me battre contre les fonctionnaires, les concurrents et les banquiers, mais aussi parfois contre l’ignorance de ceux qui sont théoriquement de mon côté, faute de leur part d’avoir été chef d’entreprise et impliqué directement dans le fonctionnement de l’économie.

Sur mon ordinateur arrivent de temps en temps des emails qui me tiennent au courant de l’activité de l’association April. Très active, c’est au départ une association d’informaticiens « pour le logiciel libre »… Rien que ce qualificatif me plaît. Tous ceux qui se battent contre le système ont ma sympathie. Oui mais… Ai-je bien tout compris ? En fait, son fondateur, Jérémie ZIMMERMANN, n’est pas très prolixe quand il s’agit d’expliquer sa philosophie en matière de propriété des logiciels. Par contre, il est intarissable sur les actions politiques que l’April va intenter, qu’elle intente, qu’elle a intenté en France et auprès de la Commission Européenne. Le jour où il me demande d’adhérer à son association, je lui adresse un email pour lui demander si, par hasard, il ne serait pas contre la protection d’un inventeur d’une idée comme moi qui l’exploite dans un logiciel. Car je tiens essentiellement à rester propriétaire d’un tel logiciel qui m’a coûté sang et eau pendant 20 ans. Il me répond aimablement dans un email de 44 longues lignes dans lequel il parvient à noyer le poisson en me donnant raison de vouloir rester propriétaire tout en me donnant tort. En somme, si je le comprends bien, selon lui une innovation intellectuelle protégée par brevet ou copyright serait nuisible pour la concurrence qui ne pourrait l’utiliser sans payer…

Je réponds point par point à ses arguments, le ramenant sans cesse à ma préoccupation : celui qui a inventé et ne peut pas percevoir les royalties de son invention n’aura ni les moyens de vivre ni ceux d’inventer à nouveau, ni l’envie d’inventer à nouveau. Il préfèrera vivre en copiant les autres. Mais copier qui, si personne n’invente plus ? C’est la mort de l’invention en général. Pourquoi inventer quand on sait qu’une boîte comme Microsoft peut s’emparer de votre idée et la mener aux sommets sans jamais rien vous devoir ? Vous n’aurez même pas droit à la rubrique nécrologique… J’ajoute que sa démarche est illogique car il reconnaît à l’inventeur d’une machine le droit d’être protégé par la loi. Or, une machine nouvelle, c’est au moins une idée sinon plusieurs. Il me répond alors par plusieurs pages de commentaires. Voilà un homme qui, visiblement, n’a pas l’esprit de synthèse ni les idées claires. Tant de verbiage ne me donne plus envie de le lire. Dans ce fatras, je repère qu’il admet la protection contre la copie servile, c’est à dire contre quelqu’un qui aurait copié mot à mot une portion de logiciel sans rien y comprendre… Or, ce risque est quasi-nul : comment pourrait-on inclure dans une application un programme dont on ne comprend pas le fonctionnement et qu’on ne pourra donc faire évoluer ? Et pourquoi punir celui qui copie la forme, toujours superficielle, et pas celui qui copie le fond, beaucoup plus riche ? Je commence à me moquer de lui : « vous vous battez pour que le copieur conserve son droit à copier (le fond) et que, lui, il puisse interdire à d’autres de copier sa copie… » J’obtiens alors, entre autres, cette réponse d’un tel niveau philosophique que je cherche toujours à comprendre :

« Nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants. Nous voyons ainsi davantage et plus loin qu’eux, non parce que notre vue est plus aigüe ou notre taille plus haute, mais parce qu’ils nous portent en l’air et nous élèvent de toute leur hauteur gigantesque. – – Bernard de Chartres (XIIè siècle) »…

Après quelques autres échanges du même tonneau, je finis par me convaincre de sa mauvaise foi. Il a parfaitement compris mon point de vue mais, idéologiquement, il n’y adhèrera jamais. Je lui écris donc : « Monsieur, je vous ai lu et j’ai compris que vous ne changerez pas d’avis, que vous êtes illogique et de mauvaise foi. Je ne vais pas entamer avec vous une querelle de religion. Je n’adhèrerai donc pas à l’April, association qui incite à la copie des idées « dans l’intérêt général« . » Et, pour ne pas me comporter comme un goujat, je lui joins en annexe mon analyse détaillée de ses propos qui démontre sa mauvaise foi. Il me répond poliment et c’est fini…

Me voilà avec un nouvel adversaire, dans le privé cette fois : un homme qui n’a jamais rien inventé, qui n’a pas vécu les douleurs de l’enfantement d’une idée révolutionnaire, qui n’a apparemment encore rien apporté d’utile à la société mais qui a fondé une association aux ambitions européennes dont l’objectif est le légaliser le pillage des idées des autres… Les temps sont durs ! Pourvu qu’il échoue…