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1. Pour me sauver du fisc, le Ministère de la Recherche m’accorde à moi, vulgaire vendeur, le titre de « technicien de recherche » en Intelligence Artificielle !

Mes échanges ubuesques avec les Impôts de Nantes pour parvenir à garder mes crédits d’impôt recherche ont duré environ un an. J’ai appris par la suite que cette correspondance du fisc avait un but caché : atteindre la fin de la période légale de contestation au-delà de laquelle les deux plaignants sont obligés par la loi de recourir à la justice pour trancher le différend. Laquelle justice s’appelle en France : Tribunal « Administratif », un tribunal spécial pour protéger les intérêts de l’administration face aux velléités de justice des Français, qui n’est même pas composé de juges professionnels mais de hauts-fonctionnaires…

Malheureusement pour le fisc, le Ministère de la Recherche accepte à ma demande de trancher le différend en expertisant mes recherches. Mon interlocuteur dans ce ministère s’appelle François Bienenfeld, l’inventeur du Crédit Impôt Recherche soi-même (l’auteur de : « Le crédit d’impôt-recherche : premier bilan« , Revue Recherche et Technologie, 4° trimestre 1987.) ! Il m’informe qu’il va procéder à l’expertise lui-même. Ça m’étonne car il n’est ni ingénieur ni universitaire. Que peut-il comprendre à l’IA ? Mais, pourquoi pas… En fait, il mène son interview par téléphone, s’appuyant sur les rapports que je lui adresse au Ministère. Au cours de mes discussions avec lui, je découvre un haut-fonctionnaire honnête, respectueux et professionnel, ce qui me fait tout de même un drôle d’effet : il en existerait donc ?

Finalement, il me rend ses conclusions : « Je vais vous accorder le crédit d’impôt recherche car vous en faites de façon évidente. Mais, méfiez-vous, il vous faudra malgré tout restituer celui qu’on vous a déjà versé et vous ne recevrez pas celui de 1990. J’ai discuté avec les Impôts de Nantes, ils ont déjà la riposte pour ne pas vous payer ! – C’est pas vrai ?! Une parade légale ? – Oui, tout à fait légale. – Vous pouvez me dire laquelle ? – Non… Je suis fonctionnaire. – Et alors ? – Je ne peux pas trahir un autre fonctionnaire… – Ah ? Vraiment ? Par contre, vous pouvez trahir un chercheur du privé bien que votre fonction, financée par le contribuable, soit de l’aider ? – Hélas, oui… – Bon… Ennuyeux… Réfléchissons… Puisque vous savez quel argument ils vont utiliser et que vous êtes lié par la solidarité entre fonctionnaires qui vous interdit de me dire ce que je dois savoir, il reste peut-être une solution : pouvez-vous contourner le problème et introduire dans votre rapport une parade qui me permettra de lutter contre cette magouille ? – Je vais voir ce que je peux faire. » Et c’est ainsi que, non seulement le Ministère de la Recherche m’accorde l’agrément au Crédit d’Impôt Recherche, mais en plus il me titularise officiellement comme « technicien de recherche » en Intelligence Artificielle ! Sacré promo pour un « bête » diplômé d’école de commerce ! En découvrant mon nouveau diplôme, je me demande cependant en quoi M. Bienenfeld pense que ça va m’aider….

 

2. Contraint de me payer enfin mon crédit d’impôt, le fisc ne m’en verse qu’une partie !

Nanti de mon agrément, je vais aux Impôts réclamer mon chèque. Bizarrement, ils sont d’accord pour payer. Mais, en regardant le montant porté sur le chèque, je vois que M. Bienenfeld avait raison : il manque un tiers de la somme ! Le responsable en face de moi m’explique qu’il a retiré du chèque mon propre temps de recherche pendant 3 ans (1988, 89 et 90) ! Le prétexte, c’est que en tant que gérant… je ne fais pas partie de mon entreprise puisque je suis non salarié !!! Je tombe des nues devant cette corruption d’une administration qui s’étale ainsi devant moi sans pudeur. L’homme devant moi est cependant gêné car il m’avait sincèrement promis que je serais totalement réglé, mais il a reçu cette consigne de « très haut » (Charasse ?) et il n’y peut strictement rien. Si je veux contester, il faut …écrire ! Comme c’est commode… Je comprends alors pourquoi François Bienenfeld m’a offert le diplôme de « technicien de recherche » : pour tenter de me faire appartenir « de force » à ma société comme chercheur reconnu par le Ministère de la Recherche.

Par bonheur, tout occupé à me spolier, le responsable des impôts a fait une erreur : il m’a versé une seconde fois le crédit d’impôt de l’année 1989 – amputé du tiers correspondant à mon travail -oubliant que ses services me l’ont déjà versé en 1990. Ça ne compense pas ce qu’il me doit mais c’est une épine dans le pied des Impôts que je vais utiliser par la suite sans vergogne. Voyez 1999 et 2003.

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I – Le mépris envers le privé d’une « élite » formée par des fonctionnaires

De toute ma vie, moi, chef d’entreprise habitué au respect de mes clients, de mes salariés et des médias, je n’ai connu le mépris et la condescendance qu’à un seul endroit : l’université française !

C’est en 1991 et j’ai 45 ans. Une expérience intense. Me voilà dans une université bretonne pour visiter poliment une petite exposition sur l’informatique avancée à l’occasion d’un colloque. Je discute avec des étudiants thésards en Intelligence Artificielle de cette université, tout content de rencontrer des jeunes travaillant dans mon  domaine, d’échanger sur l’IA, de leur parler de mes découvertes et de mes produits. Au début, ils m’écoutent avec intérêt. Ils se sentent concernés car il y a très peu de chefs d’entreprises en France susceptibles d’embaucher ce genre d’étudiants, l’IA est en perte de vitesse (« hiver de l’IA« ).

Quand j’en arrive à la démonstration que l’IA la plus simple est en fait la plus efficace, qu’elle est utilisable par les non informaticiens, je vois le regard d’une jeune étudiante en face de moi s’écarquiller. Comme j’insiste dans cette voie pour la convaincre, elle me regarde soudain avec un incroyable sourire de mépris ! Pour elle je suis un ringard, un de ces mecs du privé qui croit savoir, tellement bête qu’il ne lui reste plus qu’à manger du foin. C’est elle l’expert en intelligence artificielle, pas moi. Elle fleurte avec des concepts de haut niveau (qu’on lui a enseignés) qui me dépassent… Comme elle ne peut soutenir la discussion avec moi qui semble bien connaître mon sujet, elle me tourne carrément le dos et s’en va ! Ses copains finissent par la suivre. Me voilà tout seul dans le hall, mon attaché-case ballottant stupidement sur mes jambes, ridicule. Incroyable expérience de la prétention et du manque d’éducation de certains étudiants universitaires.

II – L’université forme… de futurs fonctionnaires méprisants

Dans une école de commerce, ma formation, quand un chef d’entreprise vient discuter avec les étudiants, il est écouté avec intérêt et respect, quels que soient ses propos, même si on n’est pas d’accord. C’est la courtoisie due à toute personne et a fortiori à celui qui a fait ses preuves, qui embauche, qui paie son personnel, fait vivre de nombreuses familles, gagne de l’argent en dépit de la concurrence mondiale.

Apparemment, dans l’université, non. On n’y enseigne pas le respect des responsables du privé, au contraire. Les profs trompent nos têtes blondes en leur faisant croire qu’avec ce qu’ils leur apprennent, ils deviennent des génies qui vont éclairer le monde. Ça ne trompe pas les étudiants intelligents mais cet endoctrinement peut convenir aux esprits faibles fils et petits-fils de fonctionnaires. Soit la majorité des étudiants en université, déjà endoctrinés par leurs parents pour adorer leurs profs.

Comment trouver du travail dans le privé quand on le méprise ? Résultat : leur diplôme en poche, ces jeunes prétentieux restent sur le carreau tandis que les écoles privées n’ont aucun mal à caser leurs diplômés. L’administration française et les groupes publics tentent bien d’en embaucher un maximum, augmentant ainsi le poids du public et nos impôts mais il en reste toujours, qui errent…

A travers mes malheurs, on voit bien se dégager deux France du haut jusqu’en bas, du gouvernement jusqu’au petit peuple, de Madelin jusqu’à l’étudiant ignorant tout de la vie active : celle qui méprise les vrais productifs – dont ils vivent – et les autres. C’est tout à fait anormal.

Ma notoriété me vaut début 1991 la commande d’un article sur l’état de l’art en Intelligence Artificielle de la part du magazine scientifique Science et Vie. Cet article doit faire une ou deux pages.

Mais… le journaliste que la rédaction m’a adjoint pour superviser mon travail, Elias Awad, est chargé de veiller à la parfaite clarté de mon discours, qui leur paraît plutôt incroyable. Chaque fois que j’avance dans mon exposé une idée qui le surprend, il me demande de la démontrer. Au début, je lui dis : « Attention, si vous m’obligez à tout démontrer, ça va dépasser les 2 pages ! – Pas de problème, me répond-il ! Même si ça doit faire 4 pages, allez-y, si je ne comprends pas, le lecteur ne comprendra pas non plus. Vous devez être d’une clarté totale. » Du coup, je ne dis plus rien, je rédige docilement.

C’est ainsi que, de proche en proche et de semaines en semaines, à force d’exposer des idées nouvelles et de les démontrer, à force de références, d’illustrations, de captures d’écran et de schémas, l’article de 2 pages finit par faire …16 pages ! En toute (fausse) modestie, c’est un article fondateur sur l’IA et, je crois, le plus long de l’histoire de Science et Vie. Il démontre ce que doit être cette technique pour entrer dans le concret, c’est-à-dire dans l’entreprise, ce que personne n’avait fait auparavant.

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J’y raconte comment l’université française (Jean-Louis Laurière, Paris VI, avec son Pandora) a imaginé un concept génial en IA, prouvant que la théorie exprimée dans les publications scientifiques mondiales depuis 20 ans sur les systèmes experts et l’IA avait vu juste. Le concept génial, c’est la « logique d’ordre Zéro Plus », un programme qui copie notre logique quotidienne. Soit le syllogisme.

Dans mon exposé, je déplore que la recherche universitaire ait abandonné ce concept d’une limpidité évidente pour se lancer sur d’autres pistes sans débouchés visibles pour l’entreprise et donc pour l’humanité : des logiques non humaines et incompréhensibles. Le rédacteur en chef de Science et Vie est ravi de cet article et en trouve lui-même le titre : « Du zéro pointé au Zéro Plus ». Puis, il me propose d’en écrire d’autres pour Science et Vie …sur n’importe quel sujet !

Mon article paraît dans la revue de mai 1991. C’est alors que je reçois en plein plexus ma seconde démonstration de mépris universitaire ! Vous voulez toucher du doigt ce qu’est la suffisance et le mépris, ces deux défauts typiques du médiocre qui hait ce qui lui est supérieur ? L’université française, à travers deux de ses plus prestigieux organismes de recherche en intelligence artificielle, va vous faire vivre cette expérience étonnante ! Elle écrit à Science et Vie au titre du « droit de réponse » ! Et puis quoi encore ? Lisez les lettres qui suivent :

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Cette lettre est signée d’une des deux conceptrices de Pandora, un logiciel universitaire génial que j’encense dans l’article : Odile Paliès. A priori, elle devrait me remercier, mais on est dans l’administration : l’esprit de corps domine ! Elle se présente comme la position « officielle » de l’AFIA, l’Association Française de l’Intelligence Artificielle, à laquelle j’appartiens. Cette association insulte donc publiquement un de ses membres sans même s’être entretenue avec lui au préalable ! En résumé, elle m’accuse d’avoir écrit « un tissu de sottises »…

La 2ème lettre me désavoue avec un début d’argumentation louable mais qui démontre surtout que son auteur, Odile Paliès, n’a rien compris à ce qu’elle a développé sous la direction de son maître de thèse, Jean-Louis Laurière. En somme, en France, un chercheur privé comme moi peut adhérer à une association « officielle » de chercheurs – donc bourrée de fonctionnaires – sans que sa cotisation lui donne d’autre choix que de joindre sa voix à celles des fonctionnaires qui complotent contre lui ! Sans honte, Odile Paliès demande que Science et Vie publie sa lettre au titre du droit de réponse, prétendant avoir été « nominalement mise en cause » dans mon article, alors que l’article ne la cite pas disant au contraire le plus grand bien du travail réalisé par « deux thésardes » !

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Maintenant, vous allez rire : allez dans mon blog en 2005 pour voir ce qu’il reste de cette Afia arrogante 14 ans plus tard. Découvrez son nouveau style, plein d’humilité… L’Afia, une association de chercheurs, avoue alors ne plus savoir ce qu’est l’IA dont elle porte pourtant le nom ! Une association moribonde…Voilà où mènent la suffisance, la stupidité et le refus de l’écoute : à l’échec.

Dans le privé, une telle association aurait fermé ses portes depuis longtemps. Mais, nous sommes dans le public ! Cette association ne pourrait vivre avec le maigre l’argent des cotisations. Pas de problème ! Elle est financée par l’État et se sert de notre argent pour couler ses « concurrents » du privé !

La stratégie des Impôts pour refuser mon crédit d’impôt recherche est celle d’escrocs : d’abord vous bénéficiez d’un contrôle fiscal dont vous ne savez pas qu’il sera de toute façon suivi d’une négation de l’intérêt de vos investissements en recherche puis d’un redressement parfaitement illégal. Ensuite, on vous écrit une lettre exposant un argument fallacieux – un seul – niant la valeur de vos recherches. Les autres attendent derrière…

Une fois l’argument démoli par vos soins, le suivant arrive, sans que le fisc tente même de discuter. Si ça se trouve, l’inspectrice n’a même pas lu votre réponse… Elle exploite une liste d’arguments probablement fournie par les services de Charasse eux-mêmes. Bien entendu, pas question de présenter honnêtement tous les arguments à la fois dans une seule lettre, on pourrait les réduire à néant d’un coup et ce serait tout de suite fini.

On entre ici dans le royaume de la corruption de l’État. La suite va le montrer, le fisc est une administration qui ne craint pas la justice, avec laquelle elle a moult arrangements. De plus, elle a le temps : ce n’est pas un problème pour elle d’enfiler les courriers mensongers, son personnel est payé pour ça. Mais moi… je ne suis pas payé pour ça ! Je perds un temps fou à analyser chaque courrier de l’inspectrice. Pour chacun, je suis contraint de me demander quel piège il dissimule. Je consulte et paie des conseils juridiques. Je passe des heures à rédiger une réponse qui ne présente pas la moindre erreur pouvant être utilisée contre moi, tout en restant poli pour ne pas prêter le flanc à de nouvelles poursuites… Alors que j’ai une folle envie de prendre un fusil et de débarquer au centre des impôts pour y exprimer toute ma contrariété à coup de nuages de plombs ! Tous les jours, au lieu de me concentrer sur la démarche commerciale qui nous fait vivre, je pense à cette épée de Damoclès d’un remboursement forcé du CIR qui risque de mettre ma société par terre. C’est cela la relation quotidienne entre l’État « démocratique » français et ses entreprises : la lutte du pot de terre contre un pot de fer corrompu.

Un jour, pour changer, l’inspectrice m’envoie deux « experts informaticiens » des Impôts, chargés de vérifier mes dires. Très aimables et intimidés, ils avouent vite s’y connaitre à peine en informatique et pas du tout en techniques avancées. Leur job consiste à surveiller l’ordinateur des Impôts, lequel marche tout seul puisqu’il a été installé là par une société (privée). Je leur présente la société, nos logiciels, les articles de presse, je leur explique ce qu’est l’Intelligence Artificielle et ses extraordinaires possibilités, je leur fais une démonstration. Ils regardent et écoutent poliment, sans parler beaucoup. Ils me disent que, pour eux, nous faisons bien de la recherche mais que la décision n’est pas de leur ressort… Et ils repartent, toujours très gentils, me confiant qu’ils vont faire un rapport allant dans mon sens. Quelques semaines après, les courriers de mon inspectrice reprennent, sans la moindre référence à l’expertise qu’elle a « diligentée » dans mon entreprise. Ses résultats n’ont en effet pas du être conforme à ses espérances, c’est à dire aux intérêts de Charasse…

Dans cette guerre, j’ai la chance de bénéficier des conseils gratuits d’un ami passionné par mes découvertes. Son business, c’est justement le conseil en crédit d’impôt recherche ! Un jour, il me montre la photocopie d’une page du Code Général des Impôts définissant les recherches en informatique acceptées au titre du crédit d’impôt recherche : l’Intelligence Artificielle y est désignée en tête de liste ! Bien entendu, j’en fais photocopie et l’adresse à mon inspectrice : aucune réaction… Je lui téléphone alors et elle me dit que ça ne l’impressionne pas, qu’elle n’est pas tenue de respecter à la lettre le code des impôts ! Incroyable ! La loi ne contraint que le contribuable, pas le fonctionnaire des impôts. Corruption avérée…

Maintenant, en matière d’agression et carrément de corruption, on entre dans la cour des grands… En 1989 et 1990, j’avais tout naturellement demandé et obtenu un crédit d’impôt recherche (CIR) pour ma société Arcane. Grâce à un nouveau dispositif fiscal, les entreprises qui faisaient de la R&D …mais aussi des pertes – ce qui était hélas mon cas – recevaient le crédit d’impôt sous forme d’argent et non d’avoir sur les impôts futurs. C’était une façon simple d’aider la recherche française. Je reçus donc sur mon compte en banque ce CIR en 1989 (pour 88) et en 1990 (pour 89). Hélas – nous sommes en France ! – ce dispositif légal ne plut pas au Ministère des Impôts de Bercy qui décida carrément de récupérer les sommes versées ! Son ministre de l’époque était Michel Charasse, un de ces hommes éminemment « honnêtes » gravitant autour de François Mitterrand.

Le 18 octobre 1991, je reçois la visite d’une inspectrice des impôts dans ma société, tout à fait innocente et aimable. Elle me dit tout de go, en confidence : « Je ne viens pas pour contrôler votre comptabilité sur 1988-89 et 90. Votre société est trop jeune, elle sera sûrement sans reproche. Je viens pour contrôler votre Crédit d’Impôt Recherche. Bien entendu, il sera refusé puisque vous ne faites pas de recherche… ». Naïve sincérité propre aux fonctionnaires qui ne se rendent pas compte de l’énormité de leurs intentions face aux français qui les font vivre ! Le résultat de l’irresponsabilité administrative. Comment peut-elle savoir avant toute enquête sur place que je ne fais pas de recherche ?

Je lui explique que ma société en fait bien, qu’elle est même reconnue comme telle nationalement dans les médias, qu’il s’agit d’Intelligence Artificielle, une discipline pointue, et que nous sommes les auteurs de découvertes reconnues. Elle n’en a cure : « Vous verrez, votre CIR sera refusé, il faudra rembourser ce que vous avez perçu en 1989 et 1990 » ! Oups ! Ça, ce ne serait pas drôle, l’argent ayant déjà été utilisé dans ma recherche. Réfléchissons sur cette menace du disc : en France, une société innovante investit sur la foi d’un dispositif légal destinée à la protéger en lui assurant une aide financière de l’État. Elle investit donc davantage puisqu’elle est aidée. C’est alors qu’arrive l’administration fiscale, qui lui impose par la force de restituer l’aide ! L’entreprise ayant donc dépensé plus qu’il n’aurait fallu, s’en trouve fragilisée et souvent ruinée… Sa fermeture est proche. C’est ce qui me pendait au nez.

Elle procède en quelques heures à la vérification de ma comptabilité, ne trouve rien et s’en va. Je ne la reverrai plus jamais. En fait, la guerre ne fait que commencer…

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En 1990, Arcane est bien connue en France pour ses recherches et ses produits développés en Intelligence Artificielle à Nantes. Elle contribue à l’image de dynamisme de la capitale nantaise. Elle a près d’une centaine d’articles dans la presse nationale. Ses clients sont des grands groupes et des administrations dont l’Éducation Nationale, qui lui a commandé 50 « Maïeutica Éducation » et 50 « Miao Éducation ».

C’est l’époque où se crée la technopole de Nantes, « Atlanpole », à grand renfort de pub. Entre autres une carte circule démontrant la concentration de la R&D nantaise autour de la belle rivière Erdre. Destinée aux entreprises et investisseurs étrangers, elle présente les « companies » nantaises riveraines faisant de la R&D… sauf ma société Arcane pourtant la plus connue et en plein dans la zone. Ci-dessous, voyez cette carte généreusement distribuée – aux frais du contribuable – aux étrangers pour qu’ils ignorent la recherche privée, la seule qui a abouti à des découvertes concrètes en intelligence artificielle…

Furieux, j’ai ajouté au stylo l’emplacement de ma société dans mon affiche à moi (cerclé en noir), pour ma satisfaction personnelle et l’édification des foules, afin de montrer qu’Arcane est en plein dans la zone d’Atlanpole.

 

Nantes Atlanpole 1990 mais sans ARCANE

Au verso, c’est pareil : un texte en anglais destinés aux investisseurs et entreprises étrangers s’étend longuement sur les labos universitaires, signale quelques grandes entreprises nantaises publiques (Matra Harris, Télémécanique, ITI, etc.) et continue à ignorer Arcane. Atlanpole, la technopole nantaise créée pour soutenir l’innovation privée et la création d’entreprise innovante à Nantes, chargée d’héberger et d’accompagner les « jeunes pousses », refuse officiellement de faire de la pub à une création d’entreprise innovante de la ville. Elle la réserve aux organismes et entreprises dépendant de l’État qui, eux, n’en ont pas besoin… Pour votre information, voici l’introduction édifiante du contrat proposé par la Technopole aux candidats créateurs d’entreprise :« Une des missions essentielle et stratégique d’ATLANPOLE est la fonction « INGENIERIE DE L’INNOVATION », qui consiste à détecter, évaluer, sélectionner des projets innovants (issus du monde académique, industriel ou émanant de porteurs indépendants) puis accompagner les entrepreneurs soit dans le développement d’activités nouvelles au sein d’entreprises existantes, soit dans la création de nouvelles entreprises. » Les promesses n’engagent que ceux qui sont assez idiots pour y croire…

Nantes Atlanpole 1990 mais sans ARCANE verso

En 1990, il apparaît que, non seulement j’ai pour ennemi l’ensemble de l’université française de mon secteur, plus cette administration essentielle pour les chercheurs et les entreprises innovantes qu’est l’Anvar, mais aussi la Ville de Nantes elle-même ! C’est tout de même un peu fort de café pour quelqu’un qui contribue positivement à la notoriété de la ville !

1.   Refus de m’envoyer un dossier de demande de subvention à remplir

L’Anvar, c’est l’ex-« Agence Nationale de VAlorisation de la Recherche », devenue plus tard Oseo. Son rôle consiste à subventionner ou cofinancer les projets innovants de PME. A Nantes, son agence est mon interlocuteur incontournable pour obtenir des aides à la recherche et l’entrée d’investisseurs dans mon capital. Pendant des années, je me heurterai à ses refus systématiques d’aider mon entreprise, allant jusqu’à son torpillage pur et simple ! Voilà le point de départ du conflit.

En 1989, je décide de tenter d’automatiser ma méthode d’écriture de systèmes experts la Maïeutique qui, à l’époque, est encore manuelle, sur papier. C’est un pas énorme que je vise : un logiciel, qui sera baptisé Maïeutica, qui interview lui-même l’expert comme je le ferais. Il écrira lui-même le système-expert que j’écrivais à la main et, en même temps, il le fera tourner devant lui pour lui montrer la progression de son travail. Ce serait une 1ère mondiale de plus. Je sollicite timidement, pour la 1ère fois de ma vie, une petite aide Anvar de …30 000 F (4 500 €) ! La somme est ridicule mais j’ignore les usages qui sont de réclamer des millions de Francs… L’Anvar ne répond à aucun de mes courriers. Je multiplie les coups de téléphone pour demander un dossier de demande de subvention à remplir et n’en reçois toujours pas. Là encore, je me sens victime de l’ostracisme…

Après des mois à attendre vainement, je m’en ouvre accidentellement auprès de mon client l’ANCE. Il est scandalisé. Il m’apprend que l’ANCE dispose justement d’un médiateur chargé de faciliter les relations entre créateurs d’entreprises et administrations. Ah bon ? Il y aurait un problème de ce côté-là ? (rires). Quand ce médiateur découvre mes déboires, il monte sur ses grands chevaux, me dit, hystérique, que l’Anvar est très mal vue ne ce moment au gouvernement et qu’il se fait fort d’obtenir pour moi le fameux dossier à remplir. Bon, vu le bonhomme, je ne m’attends pas à grand-chose. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent (dixit Chirac), alors j’attends. Deux mois plus tard, je reçois un coup de fil du patron de l’Anvar-Nantes, M. Charpy, furieux ! La voix tremblante de rage, il me dit que ce n’était pas la peine de faire tout ce foin ! Il m’engueule. Alors je l’engueule… Mais il accepte quand même de me transmettre le dossier. Il m’apprend qu’il s’est fait sonner les cloches par l’Élysée soi-même ! En fait, la sanction va aller beaucoup plus loin : il va se faire virer ! Peut-être le sait-il déjà, ce qui expliquerait sa rage… Finalement… j’ai le bras long !

2.   Benoît Faller, « expert » Anvar : un …universitaire

Je viens donc de franchir victorieusement le 1er obstacle administratif du créateur d’entreprise français moyen : l’absence totale d’écoute. Reste à triompher du second : obtenir des sous… L’Anvar procède toujours – et ça c’est normal – à une expertise du projet avant d’accorder son aide financière. Un expert est donc missionné. Pour moi qui suis si naïf et pétri d’idéal (vous l’aurez constaté), je m’attends à ce que cet expert soit un ponte qui a un vrai savoir-faire, donc un ingénieur du privé ou un patron d’entreprise industrielle. Je l’attends avec impatience, ravi d’échanger avec lui. Hélas, l’expert se révèle être …un jeune universitaire à peine sevré ! Gasp ! Donc, pas un copain avec qui j’aurai plaisir à échanger… Mais il se trouve que, lui et moi, nous nous connaissons bien. Il s’agit de Benoît Faller. Il est à l’époque très loin d’être un expert en IA, je le sais pour avoir travaillé sur un dossier avec lui deux ans auparavant pour le compte d’un salon privé sur l’Intelligence Artificielle. Nos points de vue avaient convergé, nous avions bouclé le rapport sans conflit, ce qui montrait qu’un chercheur du privé peut quand même travailler en harmonie avec un universitaire honnête, et nous nous étions quittés bons amis. De toute ma vie, ce fut le seul exemple de collaboration avec l’université que j’ai eu l’honneur de connaître…

3.   Un rapport d’expert à charge …reconnaissant quand même l’intérêt de mon invention

C’est donc grâce à l’Anvar que nous nous retrouvons deux ans après. Toujours incurablement naïf, je me dis que, connaissant déjà mes idées – et les respectant – sur l’IA depuis l’étude que nous avons faite ensemble, il va être curieux de découvrir mon invention et tiendra à les soutenir. Hélas, je rêve, une fois encore… Il étudie avec moi mon projet Maïeutica, qu’il trouve passionnant. J’en suis ravi. Puis, une fois rentré chez lui, il rédige son rapport qui recommande à l’Anvar …de refuser ma demande d’aide ! Selon lui, mon idée est intéressante mais ma société est incapable de la mettre en œuvre. En fait, il ne me faudra que deux mois pour la mettre en œuvre par la suite. On peut difficilement faire plus court pour développer une invention… En dépit de cet avis négatif de l’« expert », Charpy, étranglé par la pression élyséenne, est contraint de m’accorder l’aide. Comme j’ignore tout de la puissance de mes soutiens occultes et des consignes qu’ils ont données à l’Anvar, je réclame la somme ridicule de 25 000 €, qui doit encore bien faire rire Charpy dans sa chaumière…

4. Mes concurrents Cognitech et Framentec reçoivent, eux, 1 600 000 € ! Mais ce sont des nids d’universitaires : détournement d’argent public…

Il s’est bien gardé de me le dire, mais j’aurais pu solliciter une aide beaucoup plus conséquente. En effet, à cette époque, l’Anvar-Paris consent à mes concurrents – Cognitech et Framentec – 800 000 € chacun ! Et pour quelles « recherches » ? Eh bien, pour commercialiser une technique …américaine ! Ces sommes pharamineuses ne sont même pas consenties pour financer la recherche française ! En dépit de ces soutiens scandaleux, ces sociétés disparaîtront par la suite. Vive la France et son sens du gaspillage des deniers du contribuable. C’est le moment de se poser la question : pourquoi ces deux start-up ont-elles obtenues ce qui à moi fut refusé ? C’est très simple :

  • Cognitech est fondée par deux « chercheurs » universitaires français : Jean-Paul Haton et Alain Bonnet. En fait, les subventions réservées au privé retombent une fois de plus dans le public… Sans compter les conflits d’intérêt déjà rencontrés avec Filoupé : des universitaires cumulant deux salaires…
  • Framentec se présente comme une joint venture détenue à 50/50 par le groupe français Framatome et la société d’IA américaine Teknowledge ! Dans les faits, elle est dirigée par Framatome, une entreprise française publique. Teknowledge n’a rien à dire, surtout que ce sont ses logiciels que Framentec s’engage à vendre ! L’Anvar finance donc une start-up pour qu’elle introduise en France une techno américaine…

L’argent du contribuable, prélevé de force par l’administration, retombe toujours dans les poches de l’administration… Ces détournements constants sont franchement écœurants et expliqueront les reproches que je ferai à l’Anvar dans mon article Science et Vie (voir 1991).

Heureusement, tout en ne disant pas grand chose dans son rapport à l’Anvar, Faller a tout de même reconnu par écrit qu’il trouvait mon projet « intéressant ». Or, cet universitaire représente la recherche officielle en IA en France, d’où son choix par l’Anvar ! Pour la première fois, un chercheur universitaire en IA avoue croire en mon invention (la Maïeutique) pour faire de l’Intelligence Artificielle…

I – Atlanticiels, un concours nantais pour récompenser les créateurs de logiciels innovants de Nantes… sauf moi !

Mon entreprise, ARCANE, est donc située à Nantes. En 1987 quarante articles dans la presse nationale en parlent déjà suite au succès de Joséphine. « Une société innovante de Nantes… ». Je contribue avec joie à la notoriété de ma ville et m’attends à des remerciements… qui n’arriveront jamais !

L’explication de mes échecs auprès d’Atlanticiels dont je parle dans l’article précédent mais aussi auprès des autres organismes nantais de soutien à la recherche et à l’innovation (DRIRE, Atlanpole) me vient de Michel Queguiner, que je côtoie régulièrement car nous faisons tous les deux partie du Club des Créateurs d’Entreprises de Nantes, lui en tant que délégué de la Chambre de Commerce qui héberge le Club, et moi en tant que membre du Club. Il a une forte personnalité, il est sympa, gai et disponible. Je l’aime bien, on fait du bon boulot ensemble au Club. Jusqu’au jour où il m’interpelle pendant une réunion du club. Il me dit gaiement : « Alors, comme ça, tu as postulé au concours Atlanticiel ? ». Rappelons que ce concours est organisé chaque année par la ville de Nantes pour récompenser les créations d’entreprises informatiques nantaises qui ont développé ou développent du logiciel innovant. Atlanticiel est taillé pour ma société. Les gagnants reçoivent de l’argent et la pub de leur ville et j’en ai bien besoin. Hélas, j’ai beau candidater année après année, je ne remporte rien, je ne suis pas cité comme candidat et n’y comprends rien. Je ne reçois même pas d’accusé de réception de mes candidatures !

II – « Jean-Philippe, tu es bidon ! »

Alors, quand Queguiner laisse entendre qu’il connaît bien ce concours, ça m’intéresse. « Oui, répondis-je, j’ai postulé à Atlanticiels. Tu es au courant ? – Ben oui, en tant que responsable informatique de la Chambre de Commerce, je fais même partie du jury ! – Génial ! Alors, qu’est-ce que ça donne ? Est-ce que ma société risque enfin d’être élue ? – Ah non, Jean-Philippe ! Elle n’est même pas dans la short list dans laquelle on choisira les vainqueurs. J’y ai veillé ! ». Ce faisant, il m’épie, un rien agressif, pour voir ma réaction. Je tombe des nues : « Tu y as veillé ?! – Ben oui, Jean-Philippe, répond-il. Tu sais bien que tu es bidon ! Tu ne croyais quand même pas que tu allais remporter comme ça un concours sérieux ? ». Là, devant son air goguenard et la découverte que j’ai devant moi, non pas un ami mais un traître, j’entre en rage ! Je lui demande d’où il tire cette certitude que je suis « bidon » sur une technologie dont il ignore tout. Il me répond, à peine gêné de m’avoir blessé, que les vrais « spécialistes » de l’Intelligence Artificielle nantais, des universitaires – dont l’inoxydable Filoupé – ne cessent de le seriner dans tous les jurys où passe la candidature de ma société…

Il m’apprend que lorsque ma candidature arrive à Atlanticiels, elle est aussitôt jetée à la poubelle par les universitaires avant qu’aucun autre membre du jury ne puisse la voir !

C’est ce jour-là que je découvre le complot nantais contre ma société nantaise dont je vous ai parlé précédemment. En dépit de tous mes arguments, je vois bien que Queguiner ne veut pas être convaincu. Ça lui fait visiblement plaisir de me voir contrarié. Vraiment bizarre. Ce jour-là bien entendu, Michel Queguiner cesse d’être un ami…

Même si elle était impardonnable, son attitude hélas s’explique mais il me faudra du temps pour le comprendre : il est informaticien et fonctionnaire de la chambre de commerce. Il est donc le copain des « chercheurs » universitaires nantais, des fonctionnaires eux-mêmes informaticiens… Deux raisons de me détester qui ne me surprennent plus aujourd’hui mais que je n’imaginais pas du tout à l’époque.

III – L’exaspération de l’informaticien face à une technique qui le rend inutile…

C’est une étude de marché sur Maïeutica faite plus tard (1999) qui m’a fait découvrir le pot aux roses.  Au cours de cette étude, Christian Michon, Prof de Marketing à Sup de Co Paris, présente Maïeutica à un panel de consommateurs potentiels, qui me dévoile le problème : « on ressent un blocage psychologique de la part des informaticiens qui ont testé votre invention. En fait, cet outil les exaspère. Alors que, du côté des non-informaticiens, il y a de la curiosité et aucun a priori ». Les discussions de Queguiner avec Philoupé et autres informaticiens universitaires lui ont sûrement fait réaliser que la technologie d’Arcane démontre que l’on peut se passer d’informaticien pour développer les logiciels les plus prestigieux : l’Intelligence Artificielle. Du coup, furieux, il est devenu l’allié de mes adversaires universitaires. Il n’est peut-être même pas conscient de cette motivation car, quand je le scrute pour tenter de comprendre son changement d’attitude envers moi, je ne vois pas un faux-jeton conscient de sa bassesse. Non, il ne m’aime plus, c’est tout.

En résumé, deux ans après la création de ma société, dans la liste de mes adversaires occultes, non seulement j’ai les universitaires, mais aussi la chambre de commerce. Et ce n’est pas fini…

I – Un concours fait pour moi

Grâce à la caution de Jean-Bernard Fournier, Philippé, universitaire incompétent, est devenu mon concurrent-ennemi secret dans ma propre ville. Pendant la dizaine d’années où il sera en activité à Nantes, il lui faut bien protéger son bizness IA chez Performanse, contre ma réputation grandissante et nationale en IA. Il va donc œuvrer en coulisses, assisté de ses copains de l’université nantaise, pour m’écarter de toutes les subventions locales, de toutes les récompenses dédiées aux entreprises innovantes. Il me débine pour que je n’obtienne pas le moindre soutien officiel de la Ville, du Département, de la Région, ni de l’État… A ce petit jeu, il est très efficace car, contrairement à moi, il a le temps plus des complices nichés dans les administrations et tout acquis à sa cause. En tant qu’universitaire et « chercheur », il est  naturellement sélectionné par les institutions nantaises pour faire partie des jurys de concours de l’innovation chaque fois qu’il est question d’informatique.

Entre autres, le concours Atlanticiels organisé chaque année à Nantes, qui récompense les innovations de ses jeunes entreprises en matière de logiciel. Un concours fait pour moi ! Car il n’y a pas d’autre société innovante en informatique à Nantes, du moins au point d’en faire des applications opérationnelles utilisées en entreprises. Quand je soumissionne la première fois, je suis certain que ma découverte en Intelligence Artificielle et ma première réalisation Joséphine (pour la Banque de Bretagne), qui m’ont valu une quarantaine d’articles dans la presse française, vont me valoir une récompense quelconque.

En effet, ce prestige national d’une start-up nantaise rejaillit sur la réputation de la ville de Nantes.

II – …qui m’ignore complètement

Hélas… non seulement je ne remporte rien mais pas à un mot n’est prononcé sur ma candidature ! Une obscure société remporte le concours pour une obscure « innovation » qui n’en mérite pas le nom. Chaque année par la suite, je postulerai, mettant en avant mes dernières découvertes et mes succès médiatiques et chaque année Atlanticiel m’ignorera superbement., primant une obscure « innovation ».

Voilà la clé de l’énigme : dans ces concours, et surtout Atlanticiels, Philippé se retrouve avec des « copains » : d’autres universitaires et des représentants des diverses administrations locales : Anvar, Région, Chambre de Commerce, Ville de Nantes, Banque de France, Technopole de Nantes, Direction Régionale de l’Industrie et de la Rechercheetc. Pas un patron du privé, pas un chercheur indépendant, pas un spécialiste du marketing ! Non, des fonctionnaires jouant avec l’argent de nos impôts… Tous ensembles, avec allégresse mais dans la plus grande discrétion, ils me biffent des listes des candidats à retenir pour la sélection finale, sous le prétexte que je suis « bidon ». Ils ne me laissent même pas dans la short list pour que je ne puisse être cité comme candidat ! Je découvrirai le complot deux ans plus tard grâce à l’un d’entre eux : Michel Queguiner de la Chambre de Commerce (voyez en 1988), trop content de m’emm… Le complot sera confirmé plus tard par un étudiant de Philippé (voyez 1994), puis par les quelques confidences arrachées à Jean-Bernard Fournier, un jour que je le rencontrerai dans le TGV de Paris.

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Grâce à l’action de Filoupé et consorts jamais en 10 ans un jury ne me récompensera pour mes succès ! Cela en dépit des reconnaissances officielles prestigieuses dont je bénéficie : nombreuses citations médiatiques, agrément du Ministère de la Recherche qui a expertisé mes recherches et m’a accordé le titre de « technicien de recherche » en Intelligence Artificielle (bien que je sois diplômé d’une école de commerce), aide Anvar, grands comptes utilisant ma technologie sur toute la France, présence dans de nombreux salons et colloques comme conférencier invité à présenter sa technologie, thèse sur l’IA dans Science et Vie… Dans tous ces jurys, il faut le savoir : pas un salarié ou patron d’entreprise, uniquement des fonctionnaires. Il y a même un directeur de la Banque de France, administration sûrement réputée pour son expertise en Intelligence Artificielle ou en technologies informatiques…

Voilà le plus drôle dans cet acharnement contre ma personne : à force de rejeter absurdement mon entreprise année après année, le jury d’Atlanticiels finira un jour par ne plus trouver de société d’informatique nantaise qui n’a pas déjà été récompensée ! Alors, plutôt que de m’accorder enfin la reconnaissance méritée, il attribuera sa subvention à une agence commerciale récemment créée à Nantes d’une société de services informatiques non nantaise et même carrément extérieure à la Région Pays de Loire (elle appartenait à la région Bretagne). La maison-mère existe depuis si longtemps qu’il ne s’agit plus du tout de création d’entreprise. Quant à son agence, elle ne compte pas de développeur et ne peut donc rien développer d’innovant… Le prétexte avancé par nos édiles pour justifier l’attribution de leur subvention sera celui-là : c’est la récompense accordée à  l’implantation à Nantes d’une agence d’une société de prestations informatiques innovante… J’en pleurerais.

« Et moi, et moi, et moi ? » (sur l’air de jacques Dutronc).

Je vais bientôt comprendre comment cela se passe : 5ème surprise : Michel Queguiner, responsable informatique de la chambre de commerce de Nantes et co-responsable du Club des Créateurs d’Entreprises de Nantes, content de couler une création d’entreprise de sa propre ville !

I – La visite d’Alain Madelin au salon du Sicob 1988 à Paris

Que vient faire Madelin dans ce récit relatant mes soucis de créateur d’entreprise ? Eh bien, il révèle par le vécu le manque de sérieux de nos politiciens, c’est peu dire, cette « élite » portée au pouvoir par des élections « démocratiques » en fait complètement faussées. Voyez cet article de mon blog.

J’ai rencontré ce politicien deux fois dans le cadre de ma vie professionnelle et j’en ai gardé un souvenir …ému ! C’est tout de même (cette année 1988) notre « Ministre de l’Industrie », un personnage important choisi par notre Président de la République pour soutenir l’innovation française ! En 1988, encore naïf… je crois qu’un ministre est choisi pour sa compétence et qu’il est sincèrement désireux de faire des réformes intelligentes. Aujourd’hui, j’ai mûri…

Il est venu au salon du Sicob avec la volonté bien arrêtée de nuire au système-expert Joséphine que j’y présente avec mon client l’ANCE (l’Agence Nationale pour la Création d’Entreprises). Pourquoi ? Il ne nous l’a pas dit mais il s’est bien ridiculisé en essayant de planter un programme parfaitement fiable, dévoilant ainsi une profonde stupidité ou une parfaite méconnaissance de informatique, dramatique pour un « ministre de l’industrie » visitant le salon de l’informatique national.

II – Récit d’une véritable connerie politicienne

Grâce à ma fracassante entrée dans l’Intelligence Artificielle avec le système expert « Joséphine » de la Banque de Bretagne, j’ai obtenu commande de l’ANCE (l’Agence Nationale pour la Création d’Entreprises). Il s’agit de développer un système expert « conversationnel » d’aide aux créateurs d’entreprises, baptisé « Créatest ». Mon interlocuteur à l’ANCE, celui que je cuisinais pour mettre sa connaissance dans le logiciel, s’appelle Patrick Sybille. Le système expert doit être capable de dialoguer longuement avec le candidat créateur d’entreprise en direct, sans l’aide d’un manipulateur comme c’est le cas pour Joséphine.

Créatest est terminé en 1988 et (là encore) c’est une réussite et le client est content. Il se vend 7 500 F (1 100 €). Pour en assurer la promotion, Patrick Sybille a réservé un stand au salon informatique du « Sicob » à la Défense. Il m’invite à le rejoindre pour voir son stand. Pendant que j’y suis en sa compagnie, quelqu’un vient tout excité pour l’informer que le Ministre Alain Madelin va passer sur son stand, avec une cohorte de journalistes. Je suis tout heureux de cette opportunité. Mais M. Sybille, lui, est catastrophé ! « Très mauvais pour nous, me dit-il ! Il veut la mort de l’ANCE, alors il va s’arranger pour que le logiciel plante ! » Je tente de le rassurer en lui disant que notre logiciel fonctionne très bien et que je ne vois comment il pourrait le planter. Mais ça ne le rassure pas… Son inquiétude m’intrigue.

Je vois alors arriver notre Ministre de l’Industrie, des Postes et Télécommunications et du Tourisme, une grosse pointure entourée d’un aréopage de personnalités froufroutantes et de photographes. Pour moi, en cet instant, c’est encore un homme respectable, un allié même puisque son rôle officiel est de favoriser le développement économique de notre pays. Il ne peut que s’intéresser à cette Intelligence Artificielle révolutionnaire et française qui permet aux ordinateurs de raisonner et de dialoguer avec des candidats à la création d’entreprise.

M. Sybille, très calme, lui fait une démonstration. M. Madelin, cassant, le coupe : « Puisque c’est si simple et si intelligent, je peux l’essayer moi-même ? » M. Sybille n’a pas d’autre choix que de s’exécuter… De toute façon, c’est simple : pour faire avancer le dialogue  il suffit de sélectionner la réponse choisie avec les flèches du clavier puis de valider avec la touche « Entrée ». Un nourrisson y arriverait. Je suis curieux de voir ce qu’un Ministre de l’Industrie, des Postes et Télécommunications et du Tourisme va inventer pour vérifier la qualité du logiciel…

Il approche ses mains du clavier, sélectionne une réponse, valide et …ça marche ! Il tape alors plus vite, n’importe quoi. Mais ça marche toujours. Alors, énervé, devant tout le monde, il écrase le clavier du plat de la main pour bien enfoncer plusieurs touches à la fois ! Puis il la fait glisser sur l’ensemble du clavier, tel un âne assis sur les touches d’un piano et s’y grattant les fesses. Incrédule, je lui dis : « Pas comme ça, Monsieur ! Il faut sélectionner « Oui » ou « Non » ! ». Mais il continue à écraser le clavier, comme s’il attendait un tilt. Alors, je lui prends la main, je l’ôte du clavier et la pose sur la table à côté… Il se laisse faire sans rien dire. Je lui montre alors comment poursuivre le dialogue. Soudain, il détourne la tête, se redresse et s’en va suivi de sa cohorte, sans un mot. Fuite dérisoire…

Maman, est-ce que ça pense un politicien ? Il y a aussi des neurones dans leur crâne ? Non, mon chéri, pas dans leur crâne…

Patrick Sybille avait bien raison de s’attendre à un coup de Jarnac ! Ce ministre est si prévisible et stupide que tout le monde à l’ANCE s’attendait à ce genre de manœuvre déloyale. Et il ne les a pas déçus. Jamais je n’aurais imaginé que quelqu’un d’aussi important puisse se comporter de façon aussi irresponsable et qu’il puisse s’en aller sans une pirouette, un mot d’excuse ou d’humour pour se faire pardonner sa brutalité publique contre un clavier d’ordinateur, dans le « Salon de l’Informatique, de la Communication et de l’Organisation du Bureau » (SICOB).

III – Meeting Madelin à Nantes, ou comment un ministre peut afficher publiquement son incompétence et son  irresponsabilité

Quelques années après, le dénommé Madelin organise un dîner-débat à Nantes, sur le thème des réformes nécessaires de l’État et des dispositifs à mettre en œuvre en faveur des entreprises et de l’innovation. Ce sujet me passionne, bien entendu… Je m’y rends avec mon épouse. Mais je n’oublie pas mon expérience avec lui au Sicob et je compte bien cette fois-ci ne pas rater l’occasion de le contredire publiquement s’il déconne une nouvelle fois. Une fois tout le monde bien installé dans la salle, Madelin commence son speech. Le début me séduit. Il a parfaitement compris tout ce qui cloche en France : excès d’impôts, excès d’État, structures rigides et sclérosées, trop de pouvoirs sans contrôles, injustice, incompétence économique de nos élites (plus tard, c’est ce que répétera Nicolas Sarkozy pour se faire élire…). Une fois qu’il a longuement établi le constat, j’attends fébrilement ses suggestions de réformes. Il commence par émettre quelques idées sur des points particuliers, il propose de monter un taux par ici, d’en baisser un autre par là, de donner plus de pouvoir à l’un tout en en retirant à l’autre… Que des cautères sur jambes de bois ! Je n’en reviens pas qu’un homme qui occupe 100 % de son temps à faire de la politique, qui est ministre, entouré d’économistes, qui nous a invités à l’entendre sur un sujet choisi par lui, qui a parfaitement diagnostiqué le mal français, n’ait pas trouvé la solution évidente qui traîne partout depuis un demi-siècle : la réduction du nombre de fonctionnaires, laquelle entraine mathématiquement la réduction des impôts et la relance de notre économie… A la fin de son discours, il demande si quelqu’un a une première question à poser. Silence dans la salle… Alors, je profite de l’occasion pour lever le doigt. On s’empresse de me passer un micro. Je prends la parole. Je m’étonne que, jamais, dans son discours, après avoir bien vu le mal dont la France souffre, il n’ait proposé la solution évidente : réduire le nombre de fonctionnaires. Je lui décris longuement les réformes évidentes qu’implique le diagnostic qu’il a fait lui même. En somme, je viens sans bafouiller de refaire la 2ème partie de son discours à sa place… Pendant que je parle, je le regarde pour voir ses réactions. Il n’a pas l’air choqué du tout de ma longue critique ! Il sourit même béatement. Quand j’ai fini, il reprend la parole et le micro pour me répondre. Et, là encore, il me scie : devant toute l’assistance, froidement, il glose de tout autre chose ! Il ne répond à rien de ce que je viens de dire. Il noie le poisson. Il ne parle même pas ma suggestion de réduire le nombre de fonctionnaires ! Son speech terminé il se tourne vers moi et me demande aimablement : « Ai-je bien répondu à votre question ? ». Un culot pareil, ça vaut son pesant d’or ! Furieux, de la tête je lui réponds « Non»… Tout surpris, il se retourne alors carrément vers l’autre côté de la salle : « Questions suivantes ? » et je n’existe plus… Étonné, je constate alors que personne ne réagit à ce que je viens d’exposer longuement. C’est comme si je n’avais rien dit. Le « débat » demeure très politiquement correct et se révèle d’une affligeante banalité. Peut-être suis-je par erreur à un meeting de sympathisants de Madelin ? Ou dans un meeting réservé aux …fonctionnaires ? Oups !

Quand un système démocratique aboutit à l’élection de tels antidémocrates, c’est qu’il y a quelque chose de pourri quelque part. Nous allons étudier cette question dans les prochains chapitres.

Finalement, fin 1988, j’ai des ennemis partout à Nantes et aucun soutien à espérer à Paris du côté du Ministère de l’Industrie…