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1. Vercelletto, juge et partie, me condamne à l’interdiction de gérer pour 10 ans ! Plus exécution immédiate et inéligibilité à toute fonction publique !

Il a fallu trois mois à Vercelletto pour trouver les juges qui accepteront d’être les complices de sa décision. Un matin, par le courrier, je reçois le jugement : interdiction de gérer pour 10 ans avec exécution immédiate, inéligibilité à une fonction publique !  Ça y est, mes ennemis ont réussi à inventer un gros mensonge pour couler mon entreprise et mon invention. Le dossier honteusement fabriqué par le liquidateur Dolley a été accepté tel quel… Certains de mes arguments ont bien été repris, comme celui qui dit qu’une telle décision provoquera la fermeture de la start-up Tree Logic que je viens de créer, mais la   « justice » n’en tient pas compte…

Voici la liste de ces juges ripoux :

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2.  Les vrais escrocs, eux, n’ont droit qu’à 5 ans d’interdiction de gérer ! Et à rien s’ils sont juges.

A titre de comparaison, le créateur des sites marchands ATKDiscount et Facilimport, qui était poursuivi pour publicité mensongère, escroquerie et banqueroute, et qui était attaqué en justice par près de 2000 clients n’ayant jamais reçu les achats qu’ils avaient payés, a été condamné fin 2008 par le tribunal correctionnel de Créteil à l’interdiction de gérer pour 5 ans ! Pas plus… Autre comparaison : Bernard Tapie. Cet homme réputé pour son honnêteté proverbiale… et ses appuis politiques. Les deux lui ont permis d’accéder plusieurs fois (la dernière en 2009) à des sommets d’enrichissement sans la moindre activité professionnelle. En 1983, il est jugé pour avoir été pris les mains dans les caisses des sociétés qu’il était censé redresser. Il a été condamné à 5 ans d’interdiction de gérer seulement ! Lorsque ses truandages postérieurs à 1983 furent connus, sa peine ne fut pas rallongée. Il n’y a pas à dire, avec mes 10 ans, je suis un gangster deux fois plus malhonnête !

A Nantes, certaines de mes relations amicales apprenant ma déchéance, publiée tous azimuts, s’interrogent soudain sur ma probité… Mes amis, les vrais, ceux à qui je raconte la suite de ma saga chaque fois que je les rencontre, qui hésitent entre mourir de rire ou d’horreur, sont à peine surpris. Tout le monde me presse de faire appel, ce qui est une évidence. Ok, je vais le faire. Mais cette fois-ci, par prudence, je n’irai pas seul au casse-pipe. Je n’ai pas d’argent mais je vais prendre un avocat. C’est tout de même plus dur pour un juge de truander devant un avocat, me dis-je.

Décidément, la suite va le montrer avec mes condamnations en appel et le rejet en cassation, je suis un incurable naïf… Un Français face à des fonctionnaires par essence irresponsables.

1. Les freins informatiques : d’accord pour commander une innovation informatique, mais en cachette du patron de l’informatique !

Pour une fois, cette histoire ne relate pas les travers administratifs. Elle est simplement symptomatique des soucis que rencontre l’innovateur. Elle donne une idée des obstacles que j’ai rencontrés sur le plan professionnel chez mes clients, obstacles très discrets mais efficaces : l’opposition du service informatique, qui finit par entraîner le refus du client de travailler avec moi, même si c’est son intérêt. On appelle cela « acheter la paix sociale ».

Ayant lu dans une revue bancaire que la Sovac, banque parisienne spécialiste du crédit revolving aux particuliers, se vante de faire l’analyse de risques grâce à un « système expert » (ma spécialité), je la contacte. Je tombe sur le responsable du service analyse de risque, Dominique Monéra. Il m’affirme fièrement qu’il dispose du dernier cri de l’Intelligence Artificielle et n’a pas besoin de moi… Je tente de ne pas m’étrangler devant tant d’audace. Je connais bien le « dernier cri » de l’IA installé dans les grandes entreprises. Ce sont invariablement les fameuses solutions américaines indignes de l’IA, qui trompent la clientèle sur ses possibilités réelles et finissent par lui donner une image désastreuse. « Puisque ça vient d’Amérique, c’est automatiquement bien »…

En 1992, après avoir exposé dans plusieurs salons en France, et à Londres, je sais que je suis le seul sur le marché à offrir ce « dernier cri ». Reste à en convaincre le client… Je pose alors à Dominique Monera les questions qui vont lui permettre de constater par lui-même que son « dernier cri » est dépassé : le logiciel est-il capable de dialoguer avec ses utilisateurs ? Les règles sont-elles écrites en langage courant ? Le logiciel fournit-il lui-même à la demande les explications sur son raisonnement? Est-il capable de détecter les contradictions ? Il répond oui à chaque question ! Je n’en reviens pas ! Ma confiance en moi vacille… C’est qu’il a l’air compétent et sincère, le bougre ! Un concurrent aurait-il enfin trouvé aussi ce que j’ai trouvé ? Mon étonnement est tel qu’il en est surpris lui-même et me propose de vérifier ça auprès de ses informaticiens.

Quelques jours plus tard, il me rappelle et me dit que ses informaticiens ont eux aussi répondu oui à chacune de mes questions… Mais, là, j’ai eu le temps de me ressaisir. C’est tout de même un outil américain qu’il utilise et, vu la technique qu’il y a dessous, ce que ses informaticiens prétendent n’est pas possible. Je lui demande donc de ne pas se contenter de les croire mais de vérifier de visu en leur réclamant une démonstration. Il accepte le deal, ce qui me le fait monter très haut dans mon estime. Voilà un homme réellement guidé par l’efficacité de son service, qui commence à me faire confiance alors qu’on ne s’est jamais rencontrés. Le lendemain, il me rappelle pour me dire qu’il a contraint ses informaticiens, très réticents, à faire la preuve de ce qu’ils avançaient. Il a alors constaté, effaré, qu’ils lui avaient bourré le mou ! Tout était faux.

Furieux contre ses informaticiens, il accepte enfin de me recevoir. Je lui fais alors la démonstration de mon logiciel Maïeutica.

Il découvre qu’il va pouvoir tenter une première grâce à mon outil, attaquer un nouveau marché sur lequel la Sovac n’a pas d’expérience : le credit revolving aux entreprises. En effet, la Sovac est seulement spécialisée à l’époque credit revolving aux particuliers. Il pense que grâce à Maïeutica, il pourra créer progressivement l’expertise qui lui manque et la tester puisque la programmation se fait en langage courant. C’est une idée audacieuse que je n’avais pas encore osé avoir moi-même…

Décidé à me commander mon logiciel, il me déclare alors une chose étrange : Faites-moi une proposition, mais ne parlez pas de votre technologie ! Ne dites surtout pas que c’est un générateur qui permet de développer des systèmes experts sans informaticiens. Sinon, nous sommes fichus ! Nous n’aurons pas la commande ! Dites qu’il s’agit d’un outil de scoring (= d’analyse de risque) ! Devant mon étonnement, il m’explique que le patron de l’informatique de la Sovac fait partie du Directoire et que s’il voit passer une proposition de logiciel intelligent permettant de se passer d’informaticiens, ce sera niet ! Je m’étonne auprès de lui qu’une innovation ne soit pas plus facile à vendre dans une entreprise sérieuse, mais il insiste. Je sens son inquiétude réelle face au terrible pouvoir du directeur informatique, qui pourrait faire échouer un projet qui lui tient à cœur. Je rédige donc ma proposition comme il le demande… et elle est acceptée !

Je montre aux experts analystes de la Sovac comment marche mon logiciel Maïeutica. Rapidement, car ils sont pressés de commencer …sans moi ! Leur connaissance est « confidentielle défense » ! Jamais vu encore une telle conviction. A partir de cet instant, je n’ai plus beaucoup de nouvelles de M. Monera. Quand je l’appelle, de temps en temps, il me dit que ça avance bien. Je n’en sais pas plus. C’est le premier client, et un des seuls de toute ma carrière, qui se sera totalement passé de moi pour développer un système expert. Et en plus il sera diffusé partout en Europe.

 

2. Le problème résolu, l’informaticien oublie aussitôt la technologie qui a sauvé son entreprise car elle le rend inutile !

Un an après, M. Monera m’informe que son travail a été apprécié et qu’il est promu. Il ajoute qu’hélas son poste est désormais confié à une dame qui se fiche complètement de mon logiciel (comme par hasard…). Selon lui plus rien à espérer de la Sovac. C’est fini. Un peu sceptique, j’appelle la dame et constate qu’en effet, il a raison : elle ne connaît rien de mon logiciel, rien des systèmes experts, et surtout elle n’a pas du tout envie de se pencher sur la question. Je lui demande (perfidement) comment elle fait pour mettre la connaissance à jour dans son système expert sans Maïeutica, elle me répond impavide que ce sont ses informaticiens qui font les modifications à la main et qu’elle en est pleinement satisfaite ! Ils ont donc abandonné l’automatisation qui faisait gagner énormément de temps et évitait les nombreuses erreurs informaticiennes pour revenir au travail manuel ! Je n’en reviens pas.

Voilà donc un bon client « très satisfait » qui laisse complètement tomber la techno qui l’a boosté… Mais ce n’était pas la première fois ! Quelques temps auparavant, M. Monera, étonné de ce qu’il était parvenu à réaliser grâce à mon produit, m’avait déclaré : « avec une telle innovation, vous devez rouler sur l’or ! » Très embêté, j’ai du lui répondre non. Je lui ai alors raconté toutes les affaires perdues après pourtant une première installation réussie, des articles dans les journaux, et des clients qui voulaient introduire à grande échelle mon intelligence artificielle chez eux. Ils n’arrivaient jamais à obtenir la deuxième commande de la direction ! Cela sans explication et même en disposant du budget. Ils n’y comprenaient rien, pestaient contre leur direction et moi, après avoir rêvé de gros contrats, je déchantais et souffrais.

C’est alors qu’il m’a sorti, étonné, la phrase qui tue, que je n’ai jamais oubliée : « Mais alors, vous faites du One Shot ! » C’est à dire que je suis le genre de vendeur à l’arraché qui ne trompe son client qu’une fois… Je n’ai pas su quoi répondre. Je me sentais nul d’échouer aussi lamentablement avec une aussi bonne idée. Il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre qu’il fallait rechercher la responsabilité ailleurs. Ma clientèle était faite exclusivement de grands groupes et d’administrations. Chez chacun d’eux, j’avais un ennemi de l’intérieur : le service informatique, qui refusait l’introduction d’une technologie permettant de se passer de lui et ne s’en vantait jamais, d’où mon ignorance de cette obstruction. Le service qui m’avait passé une 1ère commande essayait désespérément de m’en passer une seconde et n’y parvenait pas. Il n’obtenait jamais le budget. On lui disait toujours qu’il y avait plus urgent… Il n’y comprenait rien et moi non plus. Maintenant je sais… Le financement des logiciels passe par le service informatique !

A l’extérieur, j’avais aussi mon ennemi : l’État, qui me refusait publicité et soutien, également dans la plus grande discrétion. Ce mélange d’agression et de volonté d’anonymat de la part de tous ces groupes est symptomatique d’une maladie sociale, le « désir mimétique » de René Girard, dont je vous parlerait plus tard (2014 !).

Cette histoire révèle que, dans le privé aussi j’ai des adversaires. Et coriaces ! Heureusement, pour compenser, j’y ai également des alliés. Trop peu car la force de résistance des informaticiens, corps constitué, est bien supérieure à la force de conviction d’une ou deux personnes dans l’entreprise, faute d’implication des patrons pour lesquels intelligence artificielle est une science informatique incompréhensible dont ils ne veulent pas se mêler.

Je ne peux donc signer des contrats que là où il n’y a pas d’informaticiens, ou par surprise comme à la Sovac, ou en rencontrant directement le patron ce qui est très rare. Mais c’est presque toujours du one shot.

Là où j’ai pu faire du chiffre d’affaires récurrent c’est lorsque mes clients ont produit des systèmes experts qu’ils vendaient eux-mêmes à leur clients : l’Agence Nationale pour la Création d ‘entreprises (Créatest) ou l’Université de Nancy 2 (Aloes), par exemple.

I – Atlanticiels, un concours nantais pour récompenser les créateurs de logiciels innovants de Nantes… sauf moi !

Mon entreprise, ARCANE, est donc située à Nantes. En 1987 quarante articles dans la presse nationale en parlent déjà suite au succès de Joséphine. « Une société innovante de Nantes… ». Je contribue avec joie à la notoriété de ma ville et m’attends à des remerciements… qui n’arriveront jamais !

L’explication de mes échecs auprès d’Atlanticiels dont je parle dans l’article précédent mais aussi auprès des autres organismes nantais de soutien à la recherche et à l’innovation (DRIRE, Atlanpole) me vient de Michel Queguiner, que je côtoie régulièrement car nous faisons tous les deux partie du Club des Créateurs d’Entreprises de Nantes, lui en tant que délégué de la Chambre de Commerce qui héberge le Club, et moi en tant que membre du Club. Il a une forte personnalité, il est sympa, gai et disponible. Je l’aime bien, on fait du bon boulot ensemble au Club. Jusqu’au jour où il m’interpelle pendant une réunion du club. Il me dit gaiement : « Alors, comme ça, tu as postulé au concours Atlanticiel ? ». Rappelons que ce concours est organisé chaque année par la ville de Nantes pour récompenser les créations d’entreprises informatiques nantaises qui ont développé ou développent du logiciel innovant. Atlanticiel est taillé pour ma société. Les gagnants reçoivent de l’argent et la pub de leur ville et j’en ai bien besoin. Hélas, j’ai beau candidater année après année, je ne remporte rien, je ne suis pas cité comme candidat et n’y comprends rien. Je ne reçois même pas d’accusé de réception de mes candidatures !

II – « Jean-Philippe, tu es bidon ! »

Alors, quand Queguiner laisse entendre qu’il connaît bien ce concours, ça m’intéresse. « Oui, répondis-je, j’ai postulé à Atlanticiels. Tu es au courant ? – Ben oui, en tant que responsable informatique de la Chambre de Commerce, je fais même partie du jury ! – Génial ! Alors, qu’est-ce que ça donne ? Est-ce que ma société risque enfin d’être élue ? – Ah non, Jean-Philippe ! Elle n’est même pas dans la short list dans laquelle on choisira les vainqueurs. J’y ai veillé ! ». Ce faisant, il m’épie, un rien agressif, pour voir ma réaction. Je tombe des nues : « Tu y as veillé ?! – Ben oui, Jean-Philippe, répond-il. Tu sais bien que tu es bidon ! Tu ne croyais quand même pas que tu allais remporter comme ça un concours sérieux ? ». Là, devant son air goguenard et la découverte que j’ai devant moi, non pas un ami mais un traître, j’entre en rage ! Je lui demande d’où il tire cette certitude que je suis « bidon » sur une technologie dont il ignore tout. Il me répond, à peine gêné de m’avoir blessé, que les vrais « spécialistes » de l’Intelligence Artificielle nantais, des universitaires – dont l’inoxydable Filoupé – ne cessent de le seriner dans tous les jurys où passe la candidature de ma société…

Il m’apprend que lorsque ma candidature arrive à Atlanticiels, elle est aussitôt jetée à la poubelle par les universitaires avant qu’aucun autre membre du jury ne puisse la voir !

C’est ce jour-là que je découvre le complot nantais contre ma société nantaise dont je vous ai parlé précédemment. En dépit de tous mes arguments, je vois bien que Queguiner ne veut pas être convaincu. Ça lui fait visiblement plaisir de me voir contrarié. Vraiment bizarre. Ce jour-là bien entendu, Michel Queguiner cesse d’être un ami…

Même si elle était impardonnable, son attitude hélas s’explique mais il me faudra du temps pour le comprendre : il est informaticien et fonctionnaire de la chambre de commerce. Il est donc le copain des « chercheurs » universitaires nantais, des fonctionnaires eux-mêmes informaticiens… Deux raisons de me détester qui ne me surprennent plus aujourd’hui mais que je n’imaginais pas du tout à l’époque.

III – L’exaspération de l’informaticien face à une technique qui le rend inutile…

C’est une étude de marché sur Maïeutica faite plus tard (1999) qui m’a fait découvrir le pot aux roses.  Au cours de cette étude, Christian Michon, Prof de Marketing à Sup de Co Paris, présente Maïeutica à un panel de consommateurs potentiels, qui me dévoile le problème : « on ressent un blocage psychologique de la part des informaticiens qui ont testé votre invention. En fait, cet outil les exaspère. Alors que, du côté des non-informaticiens, il y a de la curiosité et aucun a priori ». Les discussions de Queguiner avec Philoupé et autres informaticiens universitaires lui ont sûrement fait réaliser que la technologie d’Arcane démontre que l’on peut se passer d’informaticien pour développer les logiciels les plus prestigieux : l’Intelligence Artificielle. Du coup, furieux, il est devenu l’allié de mes adversaires universitaires. Il n’est peut-être même pas conscient de cette motivation car, quand je le scrute pour tenter de comprendre son changement d’attitude envers moi, je ne vois pas un faux-jeton conscient de sa bassesse. Non, il ne m’aime plus, c’est tout.

En résumé, deux ans après la création de ma société, dans la liste de mes adversaires occultes, non seulement j’ai les universitaires, mais aussi la chambre de commerce. Et ce n’est pas fini…