I – « Le système éducatif français est une machine très automatisée d’élimination par l’échec. »
Un jour, je suis tombé sur une étude passionnante : La psychologie des hauts fonctionnaires de Marie-Christine Kessler, une chercheuse du CNRS. Étude non datée mais rédigée selon moi autour de 1990. Constatant une étonnante similitude dans les profils des hauts-fonctionnaires, elle s’est demandée pourquoi. C’est ainsi qu’elle est arrivée à cette découverte : les hauts-fonctionnaires sont des personnalités uniformes, toutes issues du même moule, de purs produits de l’Éducation Nationale.
« Le système éducatif français est une machine très automatisée d’élimination par l’échec. A contrario, les éléments brillants qui surmontent les obstacles successifs se retrouvent sans avoir réfléchi aspirés par les filières les plus prestigieuses: classes préparatoires, grandes écoles.
Il n’y a pas de mise en valeur véritable des vocations, des goûts particuliers. La volonté des individus n’est stimulée que par les concours. Ceci explique que les lauréats ne se sentent pas réellement responsables de leur destin. De surcroît, ils acquièrent dans cette course d’obstacles le gout de la compétition pour la compétition, du travail pour le travail, une croyance très ferme dans les vertus de la sélection [par la note].
(…) Le système des grandes écoles administratives permet aux nouveaux fonctionnaires de débuter à un niveau de responsabilité élevée qui les satisfait et les remplit d’importance ».
En peu de mots, Mme Kessler vient de décrire de quel mal souffre la France. En effet, l’histoire le montre, ce sont ces « éléments brillants » passifs et sans vocation qui vont diriger la France puisque tous les leviers du pouvoir ont été captés dans leur intérêt, par corruption. Triomphant aux examens, ils choisissent les plus grandes écoles, qui en fait leur sont destinées et mènent invariablement à une carrière dans les secteurs relevant de l’État. Très peu optent pour le privé. D’ailleurs, comme par hasard, les études les plus longues et difficiles en France mènent invariablement aux métiers du public ou du parapublic.
A peine sortis de leurs études ces « éléments brillants » qui n’ont jamais connu que l’apprentissage par le livre et la récitation sur feuille blanche, se retrouvent bombardés patrons d’une foule de leurs collègues quoique sans expérience du monde réel à leur communiquer. Ce sont les « hauts-fonctionnaires ».
II – Les meilleurs d’entre nous sont autodidactes !
Une partie de ces bureaucrates entre à l’Éducation Nationale où ils imposent la sélection par l’échec qui leur a si bien réussi. L’ennui, c’est que ce schéma laisse sur le bord de la route les éléments vraiment brillants : intelligents, indépendants, rebelles, ceux dont la société a besoin pour progresser. Ceux-là sont voués à l’échec scolaire. Ils gâchent leur jeunesse dans l’ennui scolaire et un sentiment de naufrage. Un jour, exaspérés, ils interrompent leurs études et entrent dans l’entreprise, tout en bas des échelons. Là, leur valeur est enfin reconnue, ils grimpent peu à peu…
Un jour, parmi ces autodidactes, certains fondent des empires…
Pensez à François Pinault (« il quitte l’école à 16 ans avec un mépris durable pour les diplômes et l’establishment » dixit Wikipédia (…) Il a longtemps été proche du FN, et notamment de Jean-Marie Le Pen« . Mais quel brave homme ! Pensez à Xavier Niel (Free), à JC Bourrelier (Bricorama), Gérard Mulliez (Auchan), Martin Bouygues, Paul Dubrule (Accor), Jürgen Schrempp (patron de Daimler Chrysler en Allemagne) …mais aussi à Thomas Edison ! Selon l’Agence pour la création d’entreprises (APCE), près de 13% des entreprises créées en 2008 l’ont été par des autodidactes, des entrepreneurs pourtant dotés de peu de moyens financiers contrairement aux autres soutenus par l’Etat, d’autres sociétés et les banques. Au sein du Centre des jeunes dirigeants d’entreprise (CJD), on estime que sur les 3 500 adhérents, la moitié ne dispose que du bac » ! (Chef d’entreprise.com).
III – Le haut fonctionnaire est un marginal inadapté à la vie sociale
Qu’est-ce donc qui empêche nos « éléments brillants » adoubés par l’Education nationale de triompher dans le privé ? Si on lit l’analyse de Mme Kessler, tout s’explique. Fondamentalement, ce sont des marginaux inadaptés à la vie sociale. Ils ont bachoté toute leur vie sans jamais trouver le temps de sortir dans le monde et draguer les filles… Les pires d’entre eux (tels les polytechniciens…) flirtent avec l’autisme. Or, ce sont ces profils-là que sélectionne l’Éducation nationale. Seriez-vous heureux dans ces conditions que votre enfant soit sélectionné ?
Vous trouvez que j’exagère en traitant nos énarques et autres hauts-fonctionnaires d’asociaux ? Voyons donc la personnalité de ces personnages brillants telle qu’elle se dégage de cette étude :
- Excessive modestie et peur des responsabilités : « La sensation même du pouvoir [leur] cause un certain vertige (…) Beaucoup d’interviewés font état de refus multiples de leur part devant une promotion et une perspective de mobilité: les autorités politiques et administratives ont du s’y reprendre à plusieurs fois pour les convaincre d’accepter de nouvelles responsabilités. Cette excessive modestie ne semble pas feinte. Elle est l’expression d’une anxiété. »
- Passivité pathologique, manque total d’ambition : « Ces hommes et ces femmes se présentent le plus souvent comme extérieurs aux choix fondamentaux qui les ont concernés : ils n’hésitent pas à dire qu’ils n’ont pas dirigé leur vie (…) Le paradoxe est encore plus grand lorsque nos interviewés affirment qu’ils se sont retrouvés clans une grande école administrative malgré eux (…) Soit qu’ils aient fait l’Ecole Polytechnique, Sciences Po, ou l’ENA, ou le concours de la Magistrature (…) Par la suite, le haut fonctionnaire aime invoquer le hasard comme ressort principal de sa carrière ».
- Excellente mémoire (celle qui en fait les rois de l’interro écrite)
- Ignorance de ce qu’est l’intérêt général : « Les directeurs éprouvent un certain mal à définir l’intérêt général. Certains avouent douter de son existence » !
- Vie sociale limitée, peu d’intérêt pour la vie en dehors de l’administration : « Les paroles entendues révèlent un rapport affectif très fort avec l’Administration perçue comme une entité familiale. L’Administration est aimée. On s’y sent bien. »
- Dégoût du privé et de sa liberté : « Une très grande majorité des personnes interviewées en parlent même avec répugnance »
- goût de la réussite par le concours écrit et surtout pas par le jugement des autres
- pas d’état d’âme pour obéir à des supérieurs corrompus et faire le contraire de ce que leur dicte la morale : « je serais toujours d’accord pour faire une politique avec laquelle je ne suis pas d’accord » s’est exclamé un directeur » (…) Pas d’état d’âme : sur l’ensemble des personnalités interrogées, à peine cinq ou six semblent s’être réellement interrogées avec inquiétude sur les problèmes de déontologie du fonctionnaire. Du fonctionnaire qui doit exécuter des décisions contraire à sa morale (…) Dans la grande majorité des cas, les hauts fonctionnaires tentent d’éviter de se poser trop directement ces questions délicates ».
- Abrutissement dans le travail pour éviter de faire face à sa responsabilité et à sa mauvaise conscience : « Le remède choisi de préférence pour soigner cette mauvaise conscience est le travail. S’épuiser à la tâche est une justification aux yeux d’autrui. » Voilà pourquoi tant de petits fonctionnaires (instituteurs…) sont eux-mêmes submergés par la paperasse inutile qu’ils doivent faire remonter aux grands patrons pour que ceux-ci parviennent à s’abrutir de travail !
Et maintenant, voyez le profil de l’autiste : « perte du contact vital avec la réalité, repli sur soi, refuge dans un monde fermé, se crée un monde propre, impénétrable et aliéné » auquel il faut ajouter l’excellente mémoire dans des domaines étroits…
En conclusion, ce sont des asociaux qui dirigent la France depuis Giscard, lui-même polytechnicien plus énarque. La totale ! Cet homme est le pire exemple du haut-fonctionnaire immoral, corrompu, sans la moindre sympathie pour le petit peuple. Il a multiplié les horreurs comme la modification de notre Constitution pour faire barrage aux candidats du privé, et la rédaction de l’abominable Constitution européenne voulue sans frontières ni histoire commune pour pouvoir étendre le pouvoir des hauts fonctionnaires en dehors de l’Europe. Constitution heureusement refusée par les Français au suffrage universel en dépit d’un battage médiatique sans précédent et de la collusion de l’ensemble des partis politiques (hormis FN). Mais malgré tout entrée dans notre constitution par la corruption de Nicolas Sarkozy et du Parlement en changeant son nom : de « constitution » elle devint « traité », catégorie déclarée ne pas nécessiter l’assentiment du peuple…
Une exception parmi les hauts-fonctionnaires : Bernard Zimmern, polytechnicien et énarque comme Giscard, mais surtout chef d’entreprise et inventeur, qui a fondé un étonnant « think tank » : l’Ifrap, justement pour mettre en lumière les aberrations de l’Administration et imaginer des réformes.