I – Le mépris envers le privé d’une « élite » formée par des fonctionnaires
De toute ma vie, moi, chef d’entreprise habitué au respect de mes clients, de mes salariés et des médias, je n’ai connu le mépris et la condescendance qu’à un seul endroit : l’université française !
C’est en 1991 et j’ai 45 ans. Une expérience intense. Me voilà dans une université bretonne pour visiter poliment une petite exposition sur l’informatique avancée à l’occasion d’un colloque. Je discute avec des étudiants thésards en Intelligence Artificielle de cette université, tout content de rencontrer des jeunes travaillant dans mon domaine, d’échanger sur l’IA, de leur parler de mes découvertes et de mes produits. Au début, ils m’écoutent avec intérêt. Ils se sentent concernés car il y a très peu de chefs d’entreprises en France susceptibles d’embaucher ce genre d’étudiants, l’IA est en perte de vitesse (« hiver de l’IA« ).
Quand j’en arrive à la démonstration que l’IA la plus simple est en fait la plus efficace, qu’elle est utilisable par les non informaticiens, je vois le regard d’une jeune étudiante en face de moi s’écarquiller. Comme j’insiste dans cette voie pour la convaincre, elle me regarde soudain avec un incroyable sourire de mépris ! Pour elle je suis un ringard, un de ces mecs du privé qui croit savoir, tellement bête qu’il ne lui reste plus qu’à manger du foin. C’est elle l’expert en intelligence artificielle, pas moi. Elle fleurte avec des concepts de haut niveau (qu’on lui a enseignés) qui me dépassent… Comme elle ne peut soutenir la discussion avec moi qui semble bien connaître mon sujet, elle me tourne carrément le dos et s’en va ! Ses copains finissent par la suivre. Me voilà tout seul dans le hall, mon attaché-case ballottant stupidement sur mes jambes, ridicule. Incroyable expérience de la prétention et du manque d’éducation de certains étudiants universitaires.
II – L’université forme… de futurs fonctionnaires méprisants
Dans une école de commerce, ma formation, quand un chef d’entreprise vient discuter avec les étudiants, il est écouté avec intérêt et respect, quels que soient ses propos, même si on n’est pas d’accord. C’est la courtoisie due à toute personne et a fortiori à celui qui a fait ses preuves, qui embauche, qui paie son personnel, fait vivre de nombreuses familles, gagne de l’argent en dépit de la concurrence mondiale.
Apparemment, dans l’université, non. On n’y enseigne pas le respect des responsables du privé, au contraire. Les profs trompent nos têtes blondes en leur faisant croire qu’avec ce qu’ils leur apprennent, ils deviennent des génies qui vont éclairer le monde. Ça ne trompe pas les étudiants intelligents mais cet endoctrinement peut convenir aux esprits faibles fils et petits-fils de fonctionnaires. Soit la majorité des étudiants en université, déjà endoctrinés par leurs parents pour adorer leurs profs.
Comment trouver du travail dans le privé quand on le méprise ? Résultat : leur diplôme en poche, ces jeunes prétentieux restent sur le carreau tandis que les écoles privées n’ont aucun mal à caser leurs diplômés. L’administration française et les groupes publics tentent bien d’en embaucher un maximum, augmentant ainsi le poids du public et nos impôts mais il en reste toujours, qui errent…
A travers mes malheurs, on voit bien se dégager deux France du haut jusqu’en bas, du gouvernement jusqu’au petit peuple, de Madelin jusqu’à l’étudiant ignorant tout de la vie active : celle qui méprise les vrais productifs – dont ils vivent – et les autres. C’est tout à fait anormal.
Pour ma part, j’ai vu beaucoup de « patrons du privé » comme vous dites, mépriser à un point (et le mot est faible) des thésards sérieux, intelligents et courtois à l’égard des personnes du privé ou d’ailleurs.
« beaucoup » ? Ça fait beaucoup, vous ne trouvez pas ? Pouvez-vous me décrire sur quelle si vaste expérience vous vous appuyez ? Et dans quel domaine de recherche ? Car, si un patron prend un thésard c’est qu’il en a besoin. S’il en vient à le « mépriser » (« le mot étant faible » !) c’est que ce thésard ne lui a pas rendu les services attendus et s’estime cependant très compétent.
S’il y a beaucoup de patrons du privé qui méprisent les thésards (ce dont je doute fortement) il n’y a qu’une raison possible : la formation reçue par les thésards n’est pas bonne ! C’est à l’université de se remettre en question car nous sommes dans la loi de l’offre et la demande, et ce sont les patrons qui embauchent.
Mon expérience à moi de l’université, très ancienne puisqu’elle date de 1982 et édifiante car je ne suis jamais parvenu à collaborer avec elle, c’est qu’elle est incapable de se réformer… C’est le problème bien connu de l’Education Nationale.